Interview : « Je suis plus à l’aise aujourd’hui dans la formation »

Thomas Nkono, ancien gardien de but.

Comment avez-vous accueilli votre nomination parmi les 10 meilleurs gardiens au monde pour la Dream Team France Football ?

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Je ressens beaucoup de force et être nommé parmi ces grands gardiens est déjà un honneur. Faire partie de cette liste signifie que chacun dispose de ses chances. Mais c’est un choix qui ne nous appartient pas, puisqu’il revient à ceux qui nous ont vu jouer. Tout le monde mérite en tout cas de gagner. Et si je devais faire mon choix par rapport au jeu, je prendrai un gardien qui ressemble à ceux que je forme au quotidien. Notamment Gianluigi Buffon ou Manuel Neuer que j’aurais souhaité avoir en formation.

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Le public camerounais vous a quelque peu perdu de vue depuis le projet Aspire (Projet de détection de talents initié par le Qatar). Où en êtes-vous sur le plan professionnel ?

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Le projet Aspire était un challenge humanitaire. Il s’est achevé et j’ai continué dans mes autres fonctions puisque je suis toujours dans l’entraînement. Je suis plus dans la posture du formateur aujourd’hui. Je chemine donc à l’Espanyol de Barcelone depuis plus de 16 ans ; je coordonne notamment l’entraînement des jeunes.

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Quel regard jetez-vous sur la génération actuelle des gardiens chez les Lions avec André Onana et Fabrice Ondoa qui sont souvent mis en concurrence ?

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Ils ont chacun son caractère et sa manière de jouer. Le fait d’être dans de grands championnats prouve qu’ils ont le niveau. Ils ont des qualités qu’ils peuvent toujours améliorer, comme dans le positionnement. Mais c’est à leurs entraîneurs de les aider. Un bon gardien ne doit pas prendre de but, c’est une évidence. Mais il y a d’autres paramètres technico-tactiques qui entrent en jeu. On s’améliore chaque jour. Surtout à ce poste.

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Cette année, on a célébré les 30 ans de la performance du Cameroun au Mondiale 90 avec vous dans les buts. Avec le recul, pensez-vous qu’on aurait pu faire mieux que les quarts de finale ?

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Ce que je retiens de cette aventure 30 ans après, et c’est le plus important, c’est que nous restons un groupe. Nous sommes encore vivants pour la plupart et nous avons gardé le contact. Les années n’ont rien enlevé à ce que nous avons vécu. Nous restons vraiment liés par cette coupe du monde. Maintenant, avec plus d’ambitions et de chance, on aurait certainement pu aller bien plus loin. Il faut aussi dire que nous n’avons pas eu de chance avec l’arbitrage. Mais c’est le sport et nous restons fiers de ce que nous avons accompli.

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Il y a aussi les 20 ans de la médaille d’or en football aux JO de 2000. Cette fois, vous y étiez comme entraîneur des gardiens de but. Et c’est vous qui avez pris la responsabilité d’aligner un inconnu de 16 ans, Carlos Kameni, face au Brésil en quart de finale…

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Disons que c’est le coach Jean-Paul Akono qui a pris cette responsabilité après mes propositions et mes explications. C’était lui le patron. J’ai suggéré quelque chose et je l’ai convaincu. Et au final, aucun de nous ne l’a regretté. Ce choix était effectivement difficile dans ce contexte. Quand on est à un poste de responsabilité, il faut parfois prendre des risques. Mais je savais que c’était ce qu’il y avait de mieux selon l’adversaire au vu de ce que Idriss Carlos Kameni avait montré aux entraînements, que ce soit dans le jeu aérien ou dans les buts.  On lui a fait confiance et il a prouvé à tout le monde qu’on avait eu raison.

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Pourrait-on vous revoir dans une sélection nationale ou dans la formation localement ?

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Je ne sais pas si les forces peuvent encore me permettre d’être dans le staff technique d’une équipe nationale, car c’est une tâche qui demande beaucoup de sacrifices. En même temps, on est toujours prêt à se sacrifier pour son pays. Mais je me vois beaucoup plus dans l’enseignement, dans la formation. Ça m’intéresse plus de passer mon expérience aux jeunes gardiens et aux entraîneurs pour le futur. Le gardien de but jouit de plus de considération aujourd’hui et on a vraiment besoin de former les jeunes. En tout cas, j’ai beaucoup d’idées et seul l’avenir nous en dira plus.

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