Politique

Une responsabilité qui interpelle

Le rôle d’un parti politique se limite-t-il à la conquête et à la conservation du pouvoir en concourant à l’expression du suffrage, comme stipulé par l’article 3 de la Constitution du Cameroun ?

Certainement pas ! Sinon leur existence n’aurait de sens que lors des échéances électorales. Or l’on a constaté que la plupart d’entre eux, du moins ceux dignes de ce nom, ont mis sur pied un fonctionnement qui va au-delà des périodes électorales. Avec tout ce que cela comporte : administration, personnels… Il reste néanmoins que la plupart des formations politiques peinent à intervenir dans les questions liées à l’actualité quotidienne en prenant publiquement position sur des sujets précis. La question de la tarification des appareils électroniques (téléphones, tablettes) vient du reste de donner l’illustration de cette aphonie. D’autres questions plus brûlantes d’actualité sont passées sous silence. C’est à croire que la plupart des responsables des partis politiques ne sont préoccupés que par leur devenir. L’inquiétude est aujourd’hui plus grande encore avec des faits qui apparaissent comme des menaces à ce que le Cameroun a de plus cher : son unité. Celle-ci est en effet mise à mal par des discours haineux et tribaux dont les principaux vecteurs sont principalement les réseaux sociaux. Et pas seulement.

Depuis le déferlement de ces discours, qui sont le fait de Camerounais vivant sur place et à l’étranger, l’on peine à entendre les hommes et femmes politiques de notre sérail réagir pour donner leur position sur le phénomène. Un silence qui pourrait être interprété comme une approbation de cette situation qui n’honore pas notre pays. « Qui ne dit mot consent » a-t-on coutume de dire. Ailleurs, les partis politiques sont appelés à donner leurs avis sur la marche des affaires de la République. Et pas seulement ! Le sujet sur les discours haineux est suffisamment grave pour laisser indifférents les différents acteurs sociaux. Ainsi donc, lutter contre ce phénomène amènerait à protéger les personnes contre les graves dangers sur la cohésion sociale. Ne pas participer à la lutte contre ce fléau peut laisser penser que l’on en tire des bénéfices. Comme les autres sujets d’ordre purement politiques, la lutte contre le discours haineux devrait être plus encrée dans les pratiques des formations politiques. Même s’il est avéré que le discours haineux est aujourd’hui le fait de minorités en mal de publicité. Des exemples existent à travers le monde où l’on a vu ces minorités véhiculer ce discours qui a abouti à des conséquences tragiques pour certains pays. Il est donc plus que jamais temps pour la plupart de nos hommes politiques de repenser leur stratégie en évitant simplement d’attendre les échéances électorales pour se signaler à leurs électeurs en les sensibilisant, par exemple, sur les méfaits qui peuvent être ceux du discours de haine. Une attitude qui pourrait passer par la sensibilisation et la formation de leurs militants sur les dangers de ces dérives. Ils contribueront ainsi à une véritable culture de la paix.

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