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Les signes qui préoccupent

A l’approche du scrutin du 31 octobre prochain, c’est loin d’être la sérénité en Côte d’Ivoire.

La montée de la violence

La campagne électorale en prélude à la présidentielle du 31 octobre qui a démarré en Côte d’Ivoire le 15 octobre dernier est marquée par des débordements. Des militants du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) et du Front populaire ivoirien (FPI) manifestent contre un troisième mandat d’Alassane Ouattara. Avant même l’ouverture de la campagne électorale, aux mois d’août et septembre derniers, des manifestations contre la candidature d’Alassane Ouattara, l’exigence de la réforme de la Commission électorale indépendante et du conseil constitutionnel et la désapprobation de la disqualification de Guillaume Soro et Laurent Gbagbo ont fait des morts dans plusieurs villes du pays. Tout ceci agite le douloureux spectre de la crise post-électorale de 2010. La plus grosse peur de la présidentielle 2020 en Côte d’Ivoire réside dans ces excès où des scenarios similaires avaient conduits à une guerre civile. 3 000 personnes avaient alors perdu la vie et des infrastructures publiques avaient été vandalisées.

L’appel au boycott

Henri Konan Bédié et Pascal Affi N’Guessan, deux candidats de l’opposition ont demandé à leurs militants et sympathisants de ne pas se présenter dans les bureaux de vote pour le retrait des cartes d’électeurs. Toute chose qui entachera le scrutin. Bien avant, ils avaient fait retirer leurs représentants de la CEI. D’ailleurs, son président affirme que ce retrait n’aura aucun impact sur sa mission. L’opposition pense que dans les conditions d’organisation actuelle, le pouvoir tient toutes les manettes et du coup le scrutin ne sera pas équitable. Lors d’une conférence de presse vendredi dernier, Konan Bédié et Affi N’Guessan avaient appelé à l’intensification des actions de désobéissance civile en empêchant « le convoyage et la distribution du matériel électoral et la tenue des meetings de campagne… »

Les manœuvres souterraines

On les redoute dans les bastions et dans l’entourage des leaders politiques. Jusqu’ici Guillaume Soro et Laurent Gbagbo sont peu diserts depuis le lancement de la campagne. Mais ce calme peut-il être l’arbre qui cache la forêt ? Le premier n’a pas été innocent dans la tragique crise post-électorale de 2010. Il ne peut pas encore avoir digéré la disqualification de sa candidature. Il reste populaire en Côte d’Ivoire. Pareil pour Laurent Gbagbo dont les sympathisants maintiennent le slogan : « Gbagbo ou rien ». Chez les opposants candidats, c’est le « tout sauf Ouattara » qui est brandi. Cette radicalisation ne rassure guère.

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