Politique

Interview : « Priorité, ramener la confiance entre les Etats-membres »

Mariatou Yap, secrétaire générale élue de l’Organisation internationale de la protection civile (OIPC)

Au moment où vous êtes proclamée élue, comment réagissez-vous ?

Ma première réaction a été celle de gratitude à un homme : le président de la République. Au-delà même de la gratitude, je lui ai dédié ma victoire, parce que si ma candidature a été présentée en premier, c’est parce qu’il a demandé de veiller à ce que tous les critères soient remplis, dont celui des cotisations de notre pays. Il a cru en ma modeste personne, ce qui est important pour une élection au niveau de l’OIPC. Celle-ci est une organisation des Etats, c’est pourquoi les candidatures sont présentées par les Etats. Le président de la République a très vite validé ma candidature. En plus, il a tout mis en œuvre, tant sur le plan matériel que diplomatique pour l’aboutissement heureux de ce dossier. Sur ce dernier plan, le ministre des Relations extérieures, qui a la charge de porter les candidatures camerounaises à l’international et le ministre de l’Administration territoriale, ma tutelle, ont tout mis en œuvre dans ce sens. Mais tout cela n’aurait pas été possible sans l’appui du Très Haut qui a guidé les différents choix.

Vous quittez la direction de la Protection civile du ministère de l’Administration territoriale pour l’OIPC. Il s’agit de deux entités très différentes. Vous en êtes consciente ?

Absolument ! Je suis dans le domaine de la protection civile depuis plusieurs décennies.

Quel regard jetez-vous sur l’OIPC qui existe quand même depuis 1931 ?

C’est une organisation que je côtoie depuis vingt ans que je suis à la direction de la Protection civile du Cameroun. J’ai eu le temps de connaître l’institution, ses faiblesses, ses forces. Mais je pars quand même avec quelques regrets. Car ici, j’étais une opérationnelle, j’étais sur le terrain pour mes compatriotes et tous ceux qui vivent au Cameroun. Maintenant, je vais être appelée à un autre type de mission, à savoir accompagner les Etats-membres de l’OIPC dans le cadre de la protection civile nationale. Il s’agit d’accompagner les moins nantis en utilisant l’expertise des nantis pour ce qui est de la logistique. Il faut dire que l’OIPC fonctionne comme une mutuelle où tous les pays sont gagnants. Aucun pays n’est à l’abri des catastrophes. La pandémie du Covid-19 vient de nous prouver que ce ne sont pas toujours ceux qui sont les plus nantis qui sont les mieux protégés.

Vos premiers chantiers une fois installée à Genève ?

Le premier chantier sera d’ordre interne. Le secrétaire général n’est plus en poste depuis 2018. Les choses n’ont pas toujours été faciles depuis lors. Il est question aujourd’hui de ramener la confiance entre les Etats-membres, redorer le blason de l’OIPC. Il faudra que je m’adresse aux Etats-observateurs pour comprendre où se situent leurs préoccupations et les convaincre à adhérer pleinement à l’organisation. Nous pensons que ces pays ont des choses à apporter.

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