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Burkina Faso : l’épreuve de la démocratie

L’insurrection populaire de 2014 qui a emporté le régime de Blaise Compaoré a fondé de grands espoirs de changement chez les Burkinabè. Dans un style tout en sobriété et avec efficacité, Roch Marc Christian Kabore au cours des cinq dernières années a remis le Burkina Faso en ordre de marche en débit d’un contexte sécuritaire délicat. Le président du Faso remet son mandat en jeu dans quelques jours avec l’ambition légitime de renouveler son bail. Le président sortant revendique en tout cas un bilan appréciable, avec des réalisations qui ont changé le quotidien de plusieurs millions de ses compatriotes.  Le 22 novembre prochain, les Burkinabè vont choisir entre la continuité et une nouvelle voie…

 

Dès ce samedi 31 octobre, les Burkinabè vont être sollicités par 13 de leurs compatriotes qui briguent le fauteuil présidentiel le 22 novembre prochain. Parmi ces candidats, l’actuel locataire du palais de Kosyam, Roch Marc Christian Kaboré qui est en course pour un nouveau mandat. Le président sortant qui est le premier chef de l’Etat arrivé au pouvoir au terme d’un processus électoral démocratique et multipartite, veut poursuivre l’œuvre engagée il y a cinq ans. Il est question de conduire le Burkina Faso sur les chantiers de sa construction sociale, économique, politique et culturelle. 
Le président du Faso n’en n’est pas moins conscient que rien ne lui est acquis d’avance. C’est dans ce sens qu’il a adressé une lettre ouverte aux Burkinabè il y a quelques jours pour dérouler toutes les actions entreprises au cours des cinq dernières années. Il se réjouit qu’avec l’accompagnement des Burkinabè, et celui des partenaires, qu’il y ait des changements notables dans la vie des Burkinabè.  Et c’est au nom d’un « devoir de redevabilité » vis-à-vis de ses compatriotes qu’il a décidé de se soumettre à leur arbitrage, pour poursuivre et parachever les chantiers engagés.  
Le grand marathon qui va conduire au scrutin du 22 novembre s’ouvre ce samedi avec le lancement officiel de la campagne électorale. Outre Roch Marc Christian Kaboré, 12 autres candidats sont dans les starting-blocks. Zéphirin Diabré, le chef de file de l’opposition, Yacouba Isaac Zida, ex-Premier ministre de la transition, en exil au Canada, Kadré Desiré Ouedraogo, un autre ancien premier ministre, Eddie Komboïgo, président du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), l’ex-parti au pouvoir, Tahirou Barry, Ablassé Ouedraogo, Gilbert Noel Ouédraogo, Farama Ambroise, Abdoulaye Soma, Do Pascal Sessouma, Aimé Tassembedo et Yeli Kam Monique, la seule femme en lice.
Si l’issue de chaque compétition électorale est incertaine, le président sortant qui présente un bilan respectable en dépit des difficultés sécuritaires rencontrées par le pays au cours des cinq dernières années, a les faveurs des analystes. Le président Kaboré peut compter sur un appareil politique, le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) qui est bien implanté aux quatre coins du pays. Il bénéficie en outre du soutien non négligeable d’une 4aine de petits partis, rassemblée dans la majorité présidentielle. En face, l’opposition n’offre pas les mêmes gages.  Zéphirin Diabré, le chef de file de l’opposition et président de l’Union pour le progrès et le changement (UPC). Quant à Eddie Komboïgo, candidat du CDP, le parti de l’ancien président Compaoré, il n’a pas réussi jusqu’ici à rassembler dans son camp. Des dissensions subsistent au sein du parti. D’ailleurs l’un de ses anciens cadres, Kadré Desiré Ouedraogo, est candidat pour le compte du mouvement « Agir ensemble ». Les autres candidats ne pèsent pas bien lourds sur l’échiquier politique du Faso. Néanmoins, au mois d’août dernier, une dizaine de candidats déclarés ont signé un accord entre partis de l’opposition pour soutenir, en cas de second tour, le candidat arrivé en tête au premier tour.
 

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