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Inondations : Douala à l’étude

Un observatoire environnemental tripartite piloté par la ville se penche sur des solutions pour freiner le phénomène.

Tenir compte de la contribution de la mer dans le dimensionnement des ouvrages dans une ville côtière comme Douala. En termes de planification, c’est l’une des suggestions de l’observatoire environnemental du Tongo-Bassa. Le Tongo-Bassa est le plus grand bassin versant de la cité économique, avec pratiquement 40km² de surface drainée. Un bassin versant, urbain dans ce cas-ci, est un espace qui collecte les eaux pluviales pour les envoyer vers un exutoire. Et pour en revenir à l’observatoire de suivi des données hydrométéorologiques, il a été installé dans l’arrondissement de Douala V, avec 17 stations de mesure. La structure a été mise en place dans le cadre du projet « Douala ville durable » et piloté par la Communauté urbaine de Douala (CUD), en partenariat avec l’Institut universitaire de technologie (IUT) de Douala et l’Institut de recherche pour le développement (IRD), un organisme public français.
L’observatoire réfléchit donc à des solutions de gestion des eaux pluviales en proposant par exemple la création de bassins de rétention, en plus de l’élargissement des drains. « Les bassins de rétention sont des espèces de lacs artificiels qu’il faut créer en amont de chaque sous-bassin, afin de faire ce qu’on appelle le laminage des crues. Faire du laminage, c’est trouver des solutions pour faire en sorte qu’au niveau de l’exutoire, l’eau ne monte pas rapidement en la retenant en amont. Ça signifie que dans la planification de l’assainissement des eaux pluviales, il faut très rapidement identifier les zones susceptibles de créer ces lacs artificiels. Ils vont jouer un rôle majeur. Par exemple, si on avait des bassins de rétention, lors du déluge du 21 août 2020, avec la conjonction de 2,70 m de marée et de 2m de hauteur de pluie, ça aurait permis de décaler un tout petit peu le temps d’arrivée des eaux de pluie aux exutoires, et on n’aurait pas eu les graves inondations observées ce vendredi-là », explique le Dr Raphaël Onguene, expert et principal investigateur du projet « Douala ville durable ».
Une proposition d’autant plus à propos qu’avec cette grande saison des pluies 2020 qui est en train de s’achever, l’observatoire a rassemblé des chiffres lui permettant de tirer la sonnette d’alarme. Notamment lors des inondations du 21 août dernier : « En février 2000, au niveau de l’exutoire du Tongo-Bassa à Akwa-nord, on avait pratiquement l’eau à 60 cm de hauteur. Cette fois-ci, on a eu 1,20m. La hauteur a doublé. À Vallée hôpital général, on a pratiquement atteint les 3 m, à Makepe-Missoke, on a dépassé les deux mètres », ajoute le Dr Onguene. Une montée des eaux avec un grand risque à terme pour la stabilité des infrastructures. La planification s’impose donc.

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