Régions

Contrefaçon : la traque se poursuit

La commission préfectorale du Wouri sur le terrain ce jeudi a scellé de nombreuses entreprises du côté de Bonabéri.

L’unité de production et de vente de babouches en plastique, appartenant à un expatrié, est la première à avoir reçu hier, jeudi 29 octobre 2020 dans l’arrondissement de Douala IV, la visite de la commission préfectorale du Wouri conduite par le délégué départemental de l’Environnement, de la Protection de la nature et du Développement durable (Minepded), William Lemnyuy. Cette Pme dont les locaux ne paient pas de mine, gardés par des chiens, emploie une vingtaine de jeunes garçons et filles. Une odeur nauséabonde de plastique non biodégradable se dégage dès l’entrée, ce qui rend l’air irrespirable. Des sacs de 100 kilogrammes pleins à craquer de granulés, de colorants et autres produits sont visibles. L’endroit n’est pas adéquat pour un travail décent. Entre 7h et 19h, sans masques ni gants de protection et chaussures de sécurité, ces employés précaires manipulent la matière première qui au bout de la chaîne donnera des babouches plastiques vendues dans nos marchés.
Ici, on ne parle pas d’assurance maladie ni de sécurité vieillesse, encore moins de commodités. Les documents administratifs (registre de commerce, patente) et bien d’autres sont quasi inexistants. Après des échanges houleux entre les membres de la commission préfectorale et les avocats du directeur général, les employés sont priés de sortir et l’unité de production est finalement scellée. La traque se poursuit juste à côté, dans une usine de fabrication de whisky en sachet. Le lieu est acceptable, les employés sont mieux traités. Ceux-ci arborent gants, charlottes sur la tête et blouses. Le propriétaire n’hésite pas à faire visiter son entrepôt aux autorités départementales présentes. La commission  préfectorale s’est par la suite rendue dans une unité de fabrication des éponges métalliques. Le délégué départemental du Minepded, représentant le préfet du Wouri, et sa suite ont fait le tour de l’usine avant de s’entretenir avec les responsables. Ici comme dans la plupart des autres unités, les documents administratifs ne sont pas disponibles.
Dans une unité de fabrication d’éponges métalliques, les employés manipulent le matériau sans gant, ce qui cause quelques dommages physiques. La dernière visite dans une savonnerie non conforme, nichée entre les maisons d’habitation, a créé quelques échauffourées, empêchant la commission de faire son travail. Comme partout ailleurs, le site n’est pas du tout reluisant, les employés travaillent dans des conditions extrêmement difficiles, au risque parfois de leur vie. Le propriétaire a d’ailleurs été conduit à la préfecture à Bonanjo pour plus d’informations. Cette opération coup de poing va se poursuivre dans les prochains  jours. 
 

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