Paiement des services : pas avec le crédit de communication !

La Banque des Etats de l’Afrique centrale vient d’adresser une correspondance aux opérateurs de téléphonie mobile leur demandant de ne plus recourir à cette pratique.

« Les crédits de communication sont une marchandise, un produit ou un service, qui ne servent que pour les services de téléphonie et qui, même s’ils ont une valeur, ne sont pas des moyens de paiement ou de la monnaie. En effet, ils sont créés par des entreprises qui ne sont pas des prestataires de services de paiement habilités à émettre et gérer des moyens de paiement ». C’est ainsi que la Banque des Etats de l’Afrique centrale (Beac) définit les crédits de communication et l’usage qui peut en être fait. On ne saurait donc actuellement, au vu de la règlementation communautaire en vigueur, l’assimiler à « de la monnaie fiduciaire, ni à de la monnaie électronique, ni à un instrument ou moyen de paiement », insiste la Banque centrale. 


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Ce recadrage de la Beac est en fait la réponse à une correspondance de l’Association des opérateurs concessionnaires de téléphonie mobile du Cameroun qui avait sollicité son avis sur la mise en œuvre de l’article 7 de la loi de finances 2019, relatif à la collecte des droits et taxes de douane par voie numérique sur les téléphones et terminaux numériques. Le mode de paiement de cette taxe prévoyait en effet un prélèvement sur les unités de crédits de communication des clients. Si elles ne peuvent donc pas être utilisées comme moyen de paiement, « la Beac met à profit cette occasion pour recommander, à travers vous, aux membres de votre association et à tous les opérateurs concessionnaires de téléphonie mobile opérant au Cameroun et plus largement dans la Cemac, d’éviter à l’avenir toute présentation, usage ou exploitation des unités de crédit téléphonique en franc CFA, ce qui est de nature à susciter une confusion avec la monnaie légale en vigueur dans les Etats membres ». 


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Un rappel à l’ordre donc aux opérateurs qui, pour la plupart, ont recours à ces crédits pour payer certains services à valeur ajoutée. Ils sont nombreux à recevoir des messages dans ce sens au quotidien. On peut alors très souvent en fonction des opérateurs recevoir des notifications telles que « Ne manquez aucun temps fort du match Liverpool Vs. West Brom ce soir. Envoyez vite EPL au 8047 à 70F/Semaine » ou encore « Des millions de mères et toutes sont uniques. Irremplaçables. Comme tu l'es pour moi. Obtenez ces citations à 10 F/journalier ».


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« Dimanche dernier encore, j’ai reçu un message où on me proposait des astuces de gestion des enfants pour leur éviter le stress. Je devais débourser 100 F pour cela. Un peu avant, on me suggérait aussi au même coût de recevoir des messages romantiques pour comprendre l’amour pendant un mois.», témoigne Annie N., abonnée. Les montants de ces prestations varient en effet en fonction de la périodicité choisie pour en bénéficier. Du sms de citation à 10 F par jour aux astuces dans divers secteurs de la vie à 100 F le mois, en passant par les annonces de temps forts de matches des plus grands championnats à 70 F, la gamme de prix et variée. Parfois, les souscriptions à ces différents services se font sans l’accord du consommateur qui constate alors simplement qu’un certain montant a été déduit de son crédit de communication.  


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