Hemley Boum : romancière passionnée d’histoire

L’écrivaine camerounaise, sacrée du prestigieux Prix Ahmadou Kourouma 2020 pour écrivains d’Afrique subsaharienne, est une passionnée de fictions tirées de faits réels.

Croisement générationnel. Il serait assez audacieux de circonscrire l’œuvre de Hemley Boum en ces deux mots. Mais après « Les maquisards » (2015, Grand Prix d’Afrique noire) et « Les jours viennent et passent » (2019, Prix Ahmadou Kourouma) où la romancière oppose cinq générations d’une famille dans le premier, et trois autres dans le deuxième, l’hypothèse commence à devenir thèse. Et s’il faut creuser plus loin, aux prémices de Hemley Boum en tant qu’écrivaine publiée, l’idée se précise encore. Au début, l’autrice âgée aujourd’hui de 47 ans, était la gestionnaire d’un blog sur l’histoire de sa grand-mère : une femme africaine du 19e siècle, centenaire à sa mort. De ce flashback dans l’existence exaltante de grand-maman, Hemley Boum tire « Le clan des femmes » (2010), son tout premier roman. Là encore, elle traverse des lignées de femmes, ressort ces traits les réunissant, les différenciant. 


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Le travail littéraire de Hemley Boum, récemment auréolée du prestigieux Prix Ahmadou Kourouma 2020, est une invite dans le temps, un rebondissement dans le passé pour mieux vivre et traverser le cours du temps. Elle a choisi pour nom d’auteur « Hemley » qui signifie foi et espérance en langue bassa (son prénom étant Marie-Ange), car elle a une croyance puissante dans le livre. « Il donne une liberté extraordinaire », reconnaît-elle. Cette liberté, elle l’exploite dans tous ses personnages. « Les écrivains vampirisent leur entourage, la société, mais ils puisent également en eux. Plus on est ouvert, mieux c’est. En offrant mon regard aux autres, je trouve mon échos en eux, car nous faisons partie d’une grande marrée humaine », souligne-t-elle. Hemley Boum a parcouru le monde, les cultures, a rencontré des gens dans leur singularité et se donne la mission par ses écrits, de créer l’ouverture entre eux. Ceux-ci nourrissent son écriture. 


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Autre aspect de Hemley Boum, cette volonté de dévoiler ce côté poignant des femmes. La preuve en 2015 avec « Les maquisards », ce livre autour de l’échec de la génération post-indépendances, parsemé de personnages féminins politiques intrépides, entre autres. Née en 1973 à Douala, Hemley Boum, mordue de littérature, connaît une formation éloignée des sentiers qu’on imagine aux écrivains célèbres. Détentrice d’une maîtrise en sciences sociales à l’Université catholique d’Afrique centrale à Yaoundé, elle suit un troisième cycle de Commerce extérieur à l’Université catholique de Lille, puis passe un DESS marketing et qualité. L’audace, son maître-mot, la hisse dans les sommets du classement des plumes africaines pointues. A elle la conclusion : « J’ose écrire parce que j’avais envie de prendre la parole. Les livres ont amplifié cette envie de dire ce que je pense. »


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