« Nous comptons aller vers les populations »

Alamine Ousmane Mey, ministre de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire.

Quel est le cap fixé par cette nouvelle stratégie de développement ?  


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Je voudrais d’abord souligner le choix stratégique fait par notre pays de construire notre développement autour d’une vision stratégique. Cette vision déclinée en 2009 a pour objectif principal de faire du Cameroun un pays émergent, démocratique et uni dans sa diversité. Nous avons voulu que pendant la première phase sous-tendue par le DSCE, un certain nombre de résultats puissent être obtenus. Il faut reconnaître que malgré le contexte macroéconomique difficile au cours de la décennie 2009-2019, le Cameroun a pu engranger un taux de croissance moyen de 4,6%, dans un contexte d’inflation maîtrisée avec, bien entendu, le souhait de voir cette croissance bénéficier au maximum à nos populations. Cela n’a pas toujours été le cas parce que les inégalités n’ont pas beaucoup  diminué, la pauvreté n’a pas baissé comme on l’aurait souhaité, d’où l’importance de tirer les leçons de la première phase et de se préparer à aller dans la seconde phase.


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Cette nouvelle phase repose sur quatre piliers, pour quels résultats ? 


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Ce sont les piliers stratégiques qui constituent la SND 30 pour cette nouvelle période qui vont certainement trancher avec ce que nous avons pu faire avec un succès relatif mais, avec la volonté d’aller plus loin. Le premier pilier c’est la transformation structurelle de notre pays. Il s’agit de veiller à ce que l’allocation des ressources dans notre économie aille vers les secteurs les plus productifs pour qu’ils puissent créer de l’emploi, de la richesse qui est partagée dans le but d’améliorer les conditions de vie des populations. Le deuxième aspect qui est un pilier majeur c’est le développement du capital humain et du bien-être. Avec le contexte du Covid-19, il nous faut des ressources humaines de qualité en quantité pour satisfaire les besoins tant à l’intérieur de notre pays qu’à l’extérieur. Ayant dit cela, nous voulons faire également dans le cadre du troisième pilier, la promotion de l’emploi et l’insertion économique de notre jeunesse qui bénéficie de certaines formations et qui n’a pas toujours l’opportunité d’offrir ce qu’elle connaît le mieux. Le dernier pilier qui n’est pas des moindres c’est la gouvernance, la décentralisation et la gestion stratégique de l’Etat. Pour la gouvernance, de nombreuses réformes sur les finances publiques ont été organisées mais elles doivent se poursuivre parce que sans réforme, nous ne pourrons pas facilement attirer le secteur privé, les investissements privés, les processus visant à investir davantage dans le  secteur agroindustriel ; nous ne pourrons pas déboucher comme on l’aurait souhaité à l’avènement de nombreuses industries. Il est certain également que la réforme de la gouvernance s’adosse sur la décentralisation en cours et qui sera accélérée. 


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Quel est à votre avis, la clé du succès de cette stratégie ? 


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Ces quatre piliers vont nous permettre de réorienter davantage avec beaucoup plus de rigueur, de détermination, de discipline le sentier de la croissance vers l’émergence. Cela demande que tous les Camerounais s’approprient cette stratégie et la mettent en œuvre à leur niveau pour que nous ayons, à la fin, un pays qui se construit, qui va vers l’émergence tout en préservant la paix, la stabilité, la sécurité. Ce sont les préalables fondamentaux pour un développement économique et social harmonieux et inclusif. Nous comptons aller vers les populations camerounaises pour en parler, pour davantage expliquer et surtout bénéficier de leurs soutiens. 


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