Développement du Cameroun : une nouvelle stratégie sur les rails

Les objectifs et priorités du gouvernement pour la prochaine décennie ont été dévoilés hier à Yaoundé au cours d’une cérémonie officielle.

Après une pause d’environ un an, le train qui doit conduire le Cameroun à l’émergence en 2035 a repris son chemin. Après l’étape du Document de stratégie pour la croissance et l’emploi (DSCE) bouclée en 2019 avec une performance mitigée, la locomotive vient de raccorder de nouveaux wagons à destination d’une transformation structurelle et d’un développement inclusif. Arrivée prévue en 2030. Sur ce trajet de dix ans, tous les acteurs du voyage (secteur privé, secteur public, communauté universitaire, société civile) sont appelés à participer pour que le train arrive à bon port, car c’est tous qui profiteront des bénéfices engrangés. Pour ce faire, il ne faudra surtout pas oublier les errements de la précédente étape. 


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Dans la préface de la stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30) officiellement lancée hier, le Premier ministre, chef du gouvernement, Joseph Dion Ngute, affirme que ce document n’est pas un wagon isolé. « La SND30 s’appuie sur les leçons de la mise en œuvre du DSCE dont elle prend le relais », souligne-t-il. Ces leçons, c’est la croissance qui a stagné à 4,6% contre les 5,6% projetés; c’est l’accroissement de la pauvreté, du chômage et du sous-emploi qu’on aurait voulu réduire; c’est la persistance du secteur informel qu’on espérait formaliser, etc. Il est donc question de faire mieux, pour notamment passer à une croissance de 8% et améliorer l’efficacité et l’efficience de la dépense publique.


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Aussi, au cours de la cérémonie d’hier présidée par Alamine Ousmane Mey, ministre de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (Minepat), a-t-il été question de présenter les grandes lignes de ce guide de planification pour la prochaine décennie. Le document de près de 400 pages, édité en version bilingue « ambitionne de procéder à la transformation structurelle de l’économie afin de favoriser une croissance économique forte, une prospérité partagée, un développement endogène et inclusif tout en préservant les chances des générations futures », peut-on lire dans la note de synthèse. 


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Pour y arriver, Célestin Tawamba, président du Gicam, préconise une réforme fiscale pour véritablement lancer l’industrie locale. Il conseille également au gouvernement de ne pas vouloir tout faire à la fois. D’ailleurs, Babissakana, l’un des experts ayant participé à la rédaction de la SND, a tenu à rassurer le secteur privé de ce qu’il est au centre du processus. Le Pr. Viviane Ondoua Biwole, spécialiste du management, souhaite qu’il y ait une frontière claire entre les acteurs de la mise en œuvre de la SND et ceux chargés de son évaluation, pour avoir des données plus justes. Elle conseille d’accorder de l’attention à certains points comme une plus grande implication de la femme. Ce à quoi le Pr. Tsafack Nanfosso, économiste, a répondu que la SND est aussi un mécanisme qui permet d’alerter sur ce qui ne va pas. Comme l’ont souligné les officiels, la stratégie ainsi lancée est susceptible d’améliorations et d’adaptations en fonction de l’évolution de la conjoncture qu’on ne peut pas toujours prévoir.   


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