« Un volume d’activité de 25 à 30 milliards chaque année »

Nassourou Aminou, directeur régional HPD Lendscape et du Cabinet de Consulting BW Factoring, spécialiste de l’affacturage.

Quels sont les avantages de l’affacturage, tant pour l’entreprise qui le sollicite que pour l’affactureur ?


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Contrairement aux autres produits bancaires, l’affacturage finance les crédits qui sont causés par une activité économique réelle d’une entreprise en sécurisant ses encours vis-à-vis de la banque. En termes d’avantages pour une entreprise, on peut citer un accès flexible, immédiat et déplafonné, le paiement anticipé des fournisseurs et des tiers (salariés, impôts…), etc. Pour les banques, il y a la garantie contre le recours en cas de la défaillance des débiteurs ; le service de recouvrement et relance par un professionnel, le suivi et gestion des comptes clients, un bénéfice commercial et financier, un produit de différenciation et d’appel pour la prospection, mais aussi, une diminution de l’exposition de la banque sur les types de risque et une limitation de la consommation des capitaux propres.


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Quid des inconvénients ? 


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En termes d’inconvénients on peut citer le coût pour l’entreprise ayant une activité à peine rentable. Pour la banque, il faut prendre en compte le coût d’acquisition des connaissances et d’investissement pour le lancement de cette activité ; un processus de sélection des clients et d’enrôlement des débiteurs long et fastidieux, ainsi qu’un risque d’impact dans la relation client-acheteur et Banque. Surtout que l’affacturage est souvent perçu comme une solution qui s’adresserait uniquement aux entreprises en difficulté. Le risque de cannibalisation de ce produit par rapport aux autres produits bancaires et le risque de concentration des capitaux propres sur quelques grands donneurs d’ordres ne sont pas à négliger.


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A ce jour, quel est le taux de couverture de l’affacturage au Cameroun ?


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Nous pouvons estimer, depuis près de 10 ans, le nombre d’entreprises qui ont eu recours à l’affacturage au Cameroun à environ 250 entreprises, avec un volume d’activité globale de financement de 25 à 30 milliards chaque année et près de 150 acheteurs des grandes entreprises de bonne signature recensées.


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Quelles sont les perspectives de développement de ce produit dans ce contexte de Covid-19 ?


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Avec la situation actuelle liée au covid-19, l’affacturage apparaît comme l’outil idéal et innovant pour le financement des économies, notamment les PME/PMI qui constituent la dynamique et la résilience des économies dans les pays africains. Avec le covid-19, l’affacturage peut être vu comme un outil pour la relance et le financement de l’économie avec la mise en place d’un Programme national de règlements des fournisseurs (ou le Reverse factoring). Ce programme pourra consister à mettre en place une plateforme collaborative dans laquelle les acteurs économiques (banques, fournisseurs et Trésor) vont intervenir et interagir afin de faciliter les paiements des factures liées aux marchés publics, éviter les retards de paiement et raccourcir les délais de paiement observés par exemple de 6 mois à 72 heures. 


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