« Il faut surtout jouer la carte de la transparence »

Aristide Mabatto, expert en marketing, membre de l’Association camerounaise des professionnels du marketing et de la communication.

Le Black Friday s'impose progressivement comme un rendez-vous commercial au Cameroun. Comment appréciez-vous l'appropriation de cette pratique par les Camerounais ? 


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Il faut tout de même rappeler que le Black Friday a été popularisé au Cameroun à partir des années 2015 par les sites de commerce en ligne C-Discount et Jumia avant leur fermeture en 2016 et 2019 respectivement. C’est bien là tout le paradoxe camerounais : entre l’envie de profiter ou du moins de bénéficier de belles offres sur les produits électroniques et électroménagers essentiellement et le tapage médiatique autour du rendez-vous de consommation majeur avant les festivités de Noël, le Camerounais est globalement partagé. Pour les uns, passer par des sites marchands pose encore un problème de fiabilité. Pour les autres et certainement la grande majorité, l’expérience d’achat sur le point de vente est privilégiée. Aussi la forte médiatisation autour du Black Friday impose-t-elle cette pratique. Et elle va se renforcer au fil des années dans notre pays. Il revient donc aux acteurs du commerce de répondre présents afin de saisir les opportunités d’affaires liées au Black Friday.


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Comment est-ce que les grandes enseignes et les autres magasins pourraient-ils le capitaliser pour leurs affaires ?


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Les enseignes digitales comme AfriMarket, Glothelo ou Iziway et physiques comme la FNAC, Arno, proposent des articles divers aux prix dits promotionnels. Toute l’attractivité autour du Black Friday réside dans le rapport entre la valeur réelle du produit et l’économie perçue par le consommateur lorsqu’il effectue son achat. La clé pour capitaliser sur une telle période réside dans la bonne gestion des stocks avec une part belle sur des produits ou marques « exclusifs. » Car il existe encore un flou dans la perception par les Camerounais et même par les enseignes des promotions de ventes comme les soldes ou déstockages qui concernent généralement un ou quelques types de produits et le Black Friday qui concerne tous les produits. Les enseignes au Cameroun circonscrivent le Black Friday à quelques produits. Ces dernières gagneraient plus si elles élargissaient l’assiette des produits et marques à vendre.


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Quelles stratégies marketing mettre en place pour véritablement atteindre la cible dans notre contexte ?


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Il faut surtout jouer la carte de la transparence : la promesse des soldes est différente de la promesse du Black Friday. Pour que l’engouement soit réel et palpable, les enseignes doivent préparer ce moment charnière de l’année au début de chaque exercice fiscal. Toute la communication autour du phénomène Black Friday joue déjà en leur faveur, Il faut que les rayons soient achalandés de façon à offrir une diversité de choix aux shoppers. 


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