Amélioration des conditions des artistes : défis et responsabilités

Le nouveau PCA de la Sonacam, comme ses prédécesseurs, devra affronter des batailles liées entre autres au paiement des redevances ou au retour de l’union sacrée entre les artistes.

La Société nationale camerounaise de l’art musical (Sonacam) est rentrée depuis le 12 décembre dernier dans une nouvelle ère. Ateh Bazore, en prenant les rênes du Conseil d’administration de cet organisme de gestion collective du droit d’auteur, se lie pour un mandat de cinq ans avec ses plus de 3000 affiliés. Il hérite d’une instance passée par de nombreux bouleversements et rebondissements au fil des deux dernières décennies – et un peu plus, changeant d’appellations, élisant et repoussant un dirigeant après l’autre, et s’embourbant dans de nombreuses difficultés. Les présidents se sont succédé à sa tête, pourtant les mêmes causes ont continué de produire les mêmes effets : des échecs clairs à rassembler la grande famille des artistes autour d’intérêts communs. L’essor de la musique s’est trouvé en danger. Ce secteur a souvent été roulé dans la boue et pointé du doigt à cause de ses interminables querelles de gestion. Les défis d’Ateh Bazore n’ont rien de mystérieux. Il y a, en premier lieu, celui du nerf de la guerre : l’argent. 


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Paiement des redevances du droit d’auteur


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Depuis sa création il y a trois ans en 2017, la Sonacam a vu les rangs de ses adhérents grossir, passant d’un peu plus de 1400 à 3000 actuellement. Ces derniers, mus par l’espoir d’une vie meilleure, ont consenti pour beaucoup à rejoindre la Sonacam, après l’ex-Socacim, l’ex-Socam ou même la CMC. L’équipe dirigeante, dont le mandat est arrivé à expiration le 9 septembre 2020, a buté contre cet épineux problème des redevances. Certes, au tout début des missions de la Sonacam, les ayants-droit de l’art musical tout comme ceux des autres catégories artistiques, avaient bénéficié d’une répartition en décembre 2018, puis d’une autre en décembre 2019. Cette dernière avait causé un tollé, tant les sommes remises aux artistes (25.000 F pour certains) frôlaient la moquerie… 


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Pour se défendre de cette enveloppe peu conséquente, les administrateurs d’alors ont évoqué « la conjoncture due aux mauvais payeurs ». En effet, la team Ateh Bazore, avant la case paiement, devra livrer combat pour le recouvrement des fonds auprès des exploitants des droits d’auteur. Une étape rude, car la majorité des usagers de l’œuvre artistique rechignent à s’acquitter de leurs « dettes ». Dans cette tâche, il pourra compter sur l’appui du ministère des Arts et de la Culture, qui a déjà lancé le processus d’assainissement du secteur, mais aussi sur le soutien de la Commission de contrôle des organismes de gestion collective, et sur la toute nouvelle Commission de contrôle des programmes, des musiques en ligne et des répartitions, dirigée par DJ Bilick


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La lutte contre la piraterie s’inscrit également dans cette quête d’autonomisation des artistes. « La première source de revenus d’un artiste, c’est la vente de ses albums, de son travail, avant toute chose », aime à rappeler Ama Pierrot, un des administrateurs de la liste Ateh Bazore. Une sérénité que la piraterie ne permet pas. Il ne faut pas non plus oublier le nettoyage du répertoire des artistes, afin de séparer le bon grain de l’ivraie, et lever des barrières imposées par les producteurs et promoteurs véreux qui rendent impossible la tenue de spectacles et de festivals d’envergure. Coopération, cohésion et unité seront nécessaires pour arriver à de bons résultats, et rendre aux artistes leur dignité financière.


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