Zone de libre-échange continentale : le Cameroun y est

Le pays a rejoint, il y a peu, les membres de cet espace dont l’entrée en vigueur est prévue le 1er janvier prochain.

Le 1er janvier 2021, la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf), entrera finalement en vigueur, après un report de six mois, du fait de la pandémie du Covid-19. Le 1er décembre dernier, exactement un mois avant cette date historique, le Cameroun a déposé, à l’Union africaine, les documents de ratification de l’accord de création de ce marché commun. L’annonce a été faite par le commissaire au commerce de la Commission de l’Union africaine, Albert Muchanga. Le pays devenait ainsi le 33e Etat à ratifier la Zlecaf. La décision du Cameroun intervient après celle du Lesotho et de la Tunisie qui ont soumis leurs instruments le 27 novembre dernier. Il ne reste donc plus que 21 pays qui doivent répondre à l’appel de ce traité. Il s’agit du Bénin, du Botswana, du Burundi, du Cap-Vert, de la République centrafricaine, des Comores, de la République démocratique du Congo, de la Guinée-Bissau, du Libéria et de la Libye. Les autres sont Madagascar, le Malawi, le Maroc, le Mozambique, le Nigeria, les Seychelles, la Somalie, le Soudan du Sud, le Soudan, la Tanzanie et la Zambie. A quelques jours de l’entrée en vigueur de ce vaste marché constitué de 1,2 milliard de personnes réparties dans 55 pays et un produit intérieur brut estimé à 2 500 milliards de dollars, au cas où l’ensemble du continent adhère, le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, cheville ouvrière du Cameroun pour ce dossier, revient sur les contours et les enjeux de la Zlecaf, tant pour le pays que pour l’Afrique. Une initiative présentée comme une opportunité idoine pour redresser les économies et contenir les chocs liés à l’effondrement des cours mondiaux des matières premières produites en Afrique centrale, donc au Cameroun. Le pays ayant le potentiel pour la création d’échanges, la transformation structurelle, l’emploi productif et la réduction de la pauvreté.  

Monsieur le ministre, le Cameroun a déposé il y a quelques jours à l’Union africaine l’instrument de ratification de la Zone de Libre-échange continentale africaine. Qu’est- ce que cela implique pour le pays et pour l’entrée en vigueur de ce marché commun ?
Le dépôt par le Cameroun de l’instrument de ratification de l’Accord portant création de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) auprès du président de la Commission de l’Union africaine est l’aboutissement d’un ambitieux processus, savamment conçu et mûri, auquel notre pays a pris une part active de bout en bout. De manière concrète, ce processus a commencé au mois de janvier 2012 avec la décision de création de la Zlecaf par la 18e session de la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine qui s’est tenue à Addis-Abeba, en Ethiopie. Les négociations ont par la suite été lancées officiellement au mois de juin 2015 à Johannesburg, en Afrique du Sud. Elles ont effectivement débuté au mois de février 2016, pour aboutir à Kigali, au Rwanda, le 21 mars 2018, à la signature de l’Accord portant création de la Zone de libre-échange continentale africaine. Ce jour-là, en exécution des Très hautes instructions du chef de l’Etat, Son Excellence Paul Biya, le Cameroun a été l’un des 44 pays africains signataires de cet Accord, qui est finalement entré en vigueur le 30 mai 2019. C’est un record historique, en termes de quantum des pays signataires et de délais entre le démarrage des négociations, la signature de l’acte et son entrée en vigueur. C’est la concrétisation, 56 ans après, du vieux rêve des Pères fondateurs de l’Organisation de l’unité africaine. Il s’agit, pour notre pays, comme pour les autres Etats engagés, de se donner les moyens de notre ambition d’émergence, à travers le renforcement et l’approfondissement de l’intégration économique du continent, conformément à la vision panafricaine d’une « Afrique intégrée, prospère et pacifique », telle qu’énoncée dans l’Agenda 2063 de l’Union africaine. C’est une victoire de l’Afrique sur elle-même, une victoire de l’Afrique sur le monde, un signe précurseur de l’Afrique, continent du futur.
Ce marché devrait officiellement démarrer le 1er janvier 2021, donc dans quelques jours. Les Camerounais sont-ils prêts ?
Pour dire vrai, je ne pense pas qu’il y ait un pays qui puisse avoir la prétention d’être définitivement prêt. Mais, il faut bien démarrer et procéder aux différents réglages, au fur et à mesure. C’est, au demeurant, dans cette logique que l’Accord a été conçu, qui se veut un processus étalé dans le temps et devant aboutir, à l’horizon 2036, à un démantèlement tarifaire au taux zéro. En ce qui concerne spécifiquement notre pays, je dois préciser que depuis le mois d’avril 2019, avec l’aide de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique, de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale et de l’Union africaine, le gouvernement a élaboré, dans le cadre d’une approche participative, une Stratégie nationale de mise en œuvre de l’Accord, qui couvre la période 2020-2035 et est de nature à nous permettre d’en tirer le maximum d’avantages possibles. Le gouvernement a également mis à la disposition du secteur privé, à travers les chambres consulaires et les organisations patronales, tous les outils nécessaires sur le modus operandi de la Zlecaf. Les sessions d’information, de sensibilisation et d’imprégnation vont se poursuivre. C’est le lieu de relever qu’au plan de la sous-région, le Cameroun a pris l’option du « faire ensemble », en lieu et place d’une approche en solo.  En effet, les six pays de l’Union douanière que constitue la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (Cameroun, Congo, Gabon, Guinée Équatoriale, Tchad et RCA) ont convenu de faire route ensemble en s’appuyant sur les dispositions de l’Accord. Ils ont ainsi élaboré une offre commune d’accès au marché pour le commerce des marchandises, qui a été notifiée à la Commission de l’Union africaine. Cette offre comprend les produits qui subiront une libéralisation rapide, soit 90 % des lignes tarifaires, représentant 5...

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