Elections générales en RCA : l’opposition aux aguets

Partisans du report technique, les opposants restent critiques vis à vis du processus électoral.

Au lendemain du scrutin du 27 décembre, Martin Ziguélé ne cache pas son amertume. « On a privé la majorité des Centrafricains de son droit de choisir librement ses dirigeants ». Le candidat du Mouvement de libération du peuple centrafricain (MLPC) à la présidentielle, insiste sur le fait qu’il n’y avait pas un impératif catégorique de faire tenir les élections le 27 décembre, alors même que les conditions sécuritaires dans plusieurs provinces du pays étaient précaires. « Tout ce que nous demandions, c’est un report technique de quelques jours pour permettre de faire tomber la pression. On ne nous a pas malheureusement écoutés. Au final les Centrafricains n’ont pas pu aller librement », fulmine l’ancien Premier ministre. Martin Ziguélé reste par ailleurs convaincu qu’il y avait moyen de faire entendre raison aux groupes armés. « Tout le monde connait mon engagement en faveur de la paix. Je suis un des partisans actifs de l’accord de Khartoum qui a été décroché dans des conditions difficiles. Je suis donc résolument pour la paix. Il faut toujours donner une chance au dialogue. Mais hélas certains ont préféré privilégier leur carrière politique personnelle. »  


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Pour sa part, le candidat de l’Union pour le Renouveau centrafricain (URCA), Anicet Georges Dologuélé, déplore également le fait que les Centrafricains n’aient pas eu l’occasion d’aller librement accomplir leur devoir citoyen. « Dimanche, les appels que j’ai passés dans plusieurs préfectures du pays font état de ce que les centrafricains n’ont pas pu voter librement ». L’ancien Premier ministre fustige également la Mission des Nations Unies en Centrafrique qui n’a pas tenu ses engagements. « La Minusca nous a promis de sécuriser le processus électoral sur toute l’étendue du territoire. Mais dimanche cela n’a pas été le cas. Les échos du terrain ont fait état de l’impossibilité pour plusieurs de nos compatriotes d’aller voter. »  Mais Anicet Georges Dologuélé est également sévère envers les groupes armés qui ont empêché les Centrafricains d’aller voter. « C’est regrettable ce qui s’est passé. L’élection était une bonne occasion pour sanctionner Touadéra qui n’a pas su apporter la paix aux Centrafricains. Mais et les groupes armés et la Minusca ou les organisateurs des élections ont contrarié le rêve des Centrafricains de choisir un président qui peut leur apporter la paix », conclut le candidat de l’URCA.


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Maintenant que l’élection a eu lieu, les opposants déclarent être plus vigilants que jamais sur la suite notamment le dépouillement. Il n’est pas question de laisser une seule voix exprimé contre le président sortant se perdre. Malgré les couacs décriés, Martin Ziguélé et Anicet Georges Dologuélé restent confiants sur leurs chances de faire tomber l’actuel président. En ce qui concerne les élections législatives, l’opposition espère décrocher suffisamment de sièges. L’URCA se satisfait du soutien du parti Kwa na Kwa, François Bozize qui a demandé  à ses partisans de voter pour lui. Anicet Georges Dologuélé espère que ce mot d’ordre a été suivi et que l’URCA aura son mot à dire dans les prochaines semaines en Centrafrique.


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