Média : le pari de la crédibilité

Beaucoup ont mis la clé sous le paillasson. Les « survivants » doivent relever le défi du professionnalisme dans un contexte de tentation.

La pandémie du Covid-19 n’a pas été sans conséquences fâcheuses dans le monde de la presse. Evoluant déjà dans un contexte de précarité préjudiciable pour leur survie, la situation des entreprises médiatiques s’est aggravée avec la pandémie du coronavirus. Résultat, certains ont été contraints de mettre la clé sous le paillasson, pendant que d’autres ont été forcés de s’adapter à la crise sanitaire. C’est le cas du quotidien Mutations. D’après Georges Alain Boyomo, le directeur de publication, « compte tenu de la rareté des ressources financières, le paiement au compte-gouttes de nos prestations (publicités et abonnements), nous avons divisé par deux les frais de reportage hebdomadaires et réduit le tirage du journal, ce qui entraîne une réduction des frais de vente au numéro. Dans le même temps, nous avons accru notre présence sur nos plateformes digitales et maximisé la vente du journal en ligne, notamment sur e-kiosque ». La santé financière de cet organe de presse étant déclinante, le Dp pense qu'il est important que les partenaires soient solvables. 


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Même son de cloche au journal Intégration. Thierry Ndong, le directeur de publication indique que « l'année 2020 a été très difficile. Heureusement que nous sommes une entreprise de presse bien organisée. Nous avons plusieurs sources de recettes. Ce qui a aidé à honorer nos différentes charges, y compris celles d'impression du journal. On n'a pas souvent été dans les délais avec nos fournisseurs. Mais, on a toujours fini par payer nos factures. » Au quotidien la République Presse, Timothée Essomba Abena le Dp ajoute que les « effets de la pandémie ont été ressentis sur plusieurs aspects. Le plus virulent a été financier. Baisse des ventes. Sans oublier l’incompressibilité des charges. Sur le plan professionnel, la limitation des contacts a drastiquement réduit la possibilité de mener des enquêtes ainsi que des interviews. L’annulation de certaines célébrations institutionnelles à l’instar du 20 Mai, a pour sa part empêché les couvertures médiatiques.  La qualité des publications a pris un coup surtout en termes de diversité, les reporters étant confinés. La prospection de nouveaux partenaires a carrément été annulée. 


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Pour ne pas fermer boutique et tomber dans l’oubli de l’absence, ils ont dû s’adapter. La première étape a consisté en la réduction du coût de production. Notamment par la diminution du tirage et à l’implémentation du télétravail. Les frais de taxi accordés aux reporters ont été affectés à la fourniture d’Internet et à l’achat des kits de protection contre le Covid-19. L’utilisation des réseaux sociaux pour communiquer y est désormais de mise. 


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Dans ce contexte difficile, des médias ont été exposés à diverses tentations. Des dérives médiatiques, notamment la publication des fausses informations, des Fake-news et des discours de haine n’a pas manqué. Cependant, le tableau n’a été totalement sombre. « Mutations est resté fidèle à sa charte éditoriale qui commande de traiter l'information sans complaisance, ni compromission. Nous n'avons pas de prétention à la perfection, mais, dans l'ensemble, le traitement de l'information est resté honnête et équilibré. Notre positionnement et notre intégrité ne varient pas au gré des contingences politiques ou économiques », a expliqué Alain George Boyomo. Au journal Intégration, le Dp fait savoir que « les difficultés professionnelles ne sauraient justifier les entorses à l'éthique et à la déontologie de notre métier. Nous traçons au quotidien, le sillon d'une indépendance du travail des journalistes de notre rédaction. C'est une quête de tous les instants. » Plus loin au quotidien la République, Timothée Essomba Abena souligne que « la manipulation et les pressions précèdent la pandémie. 


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Si des radios et télévisions ont maintenu leur rythme normal, elles ont tout de même modifié leur fonctionnement. Priorité a ainsi été donnée au télétravail. Les conférences de rédaction en présentiel ont été supprimées au profit des échanges en ligne. « Nous avons un groupe WhatsApp. Chaque matin ou parfois le soir, les journalistes et les techniciens sont programmés. S’il n’y a pas ton nom, tu n’as pas  de raison de te rendre au bureau », explique une source bien introduite.


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