Musique : l’ère du « Mbolé »

Parti des veillées funèbres pour la scène, ce rythme musical permet aujourd’hui à plusieurs jeunes de raconter leur quotidien dans les quartiers populaires de Yaoundé.

D’un simple rythme d’animation à un mode de vie. Le « Mbolé », au départ se joue lors des veillées funèbres afin de garder l’assistance en éveil. Très vite, ce nouveau style musical est adopté par les jeunes artistes camerounais. « C’était émouvant de faire du show autour d’un feu avec les amis tard dans la nuit. C’est cette musique qui animait autrefois les veillées et les mariages, que nous révolutionnons », précise Dj Lexus dans une interview accordée à nos confrères de Culturebène. Celui qui a été révélé au grand public par le titre « Ekondo » est pour la plupart des « mboleyeurs » le précurseur de ce style musical inspiré des quartiers populaires de Yaoundé comme Nkoldongo, Etam-Bafia, Essos, Anguissa et Mvog-Ada, ceci dans le but d’exprimer sans filtre le vécu des jeunes défavorisés.  
Petit Malo sera le premier à sortir le « Mbolé » des sous-quartiers pour un studio d’enregistrement selon son manager, Boris Lontsi. Le candidat malheureux de la compétition Mützig star en 2015, conduit le public dans son « Kwatta » où les « Les go kamer » « Yamo » les stupéfiants. Il a montré la voie. Aujourd’hui, le « Détecteur de Ngué », Petit Bozard se sert du djembé, des maracas, et des castagnettes pour faire planer les gars du « Ghetto » et appeler à l’unité nationale, tandis qu’Ellano Boss chasse le « Corona au Nom de Jésus » à partir d’un autre instrument atypique appelé le « répondant », le claquement des mains. 
Sous forme d’atalaku, (propos flatteurs), Pimenteur Nyang exprime le désir des enfants de la rue à changer de vie. Paco Junior quant à lui propose aux « Rageux » les habitudes à adopter afin d’échapper aux terreurs physiques du quartier. « Samedi soir, c’est le Ndjocka » avec le groupe Crazy Mix. Dans cette chanson, les trois artistes exécutent la danse de la maîtresse, de la marmite, de la trompette, le « Bang la tête » et du « mongol ». Des comportements inhabituels exécutés avec humour. Les Médecins de Medeline révolutionnent le « Mbolé » avec « Le pied de Yagami ». Joël Lafleur conduit ses fans dans un système « Mimbong mi Mani bé ». A seulement 16 ans, Happy d’Efoulan s’interroge sur la présence des hommes d’église dans des lieux mondains dès la tombée de la nuit. Son tout premier single « O Tchapeu, Tchapeu !» a atteint plus de 200.000 vues sur YouTube en moins d’une semaine.
De nombreuses célébrités, du football notamment, s’identifient à ce rythme, à l’instar d’Oyongo Bitolo, de Choupo-Moting, de Charlène Meyong, d’Idriss Carlos Kameni ou d’Alexandre Song. Ils encouragent même le mouvement sur les réseaux sociaux. D’autres artistes se sont greffés au concept. Roger Samnig du groupe X-Maleya a produit « Piripipi » au rythme du « Mbolé », tout comme Jocelyne Bizar dans « Essam seugle » ou encore Michael Kiessou dans le titre « Mbolé Bennam ». 
 

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