Pacification de la Centrafrique : le rôle clé de Minusca

Depuis sa création par la résolution 2149 (2104) du Conseil de Sécurité du 10 avril 2014, la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA) n’avait jamais été autant sollicitée qu’au cours des dernières semaines. Alors que la République centrafricaine avait rendez-vous avec les urnes le 27 décembre dernier, la situation sécuritaire s’est dégradée, avec une nouvelle escalade de la violence perpétrée par la Coalition des patriotes pour le changement (CPC), constitués de plusieurs groupes armés. Le CPC dont la figure de proue s’est révélée être l’ancien président François Bozizé a ainsi entrepris d’empêcher la tenue des élections générales. Pourtant, les différents acteurs politico-militaires centrafricains avaient été sensibilisés sur la nécessité d’aller aux élections. Ils étaient surtout signataires de l’Accord de paix de Khartoum de juin 2019 dans lequel les principaux leaders centrafricains promettaient de donner une chance à la paix dans leur pays. 


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Et puis patatras ! Les ambitions personnelles des uns et des autres, ont créé de nouvelles tensions et réveillé les démons de la guerre. La candidature de l’ancien président François Bozizé a été retoquée par la Cour constitutionnelle centrafricaine, ce qui l’a radicalisé au point de prendre des armes et d’installer les Centrafricains dans un nouveau climat de peur et d’angoisse. Toujours est-il que face au CPC, la Minusca s’est toujours dressée pour « prendre des mesures actives, en appui aux autorités de la République centrafricaine, pour anticiper, écarter et contrer efficacement toute menace grave ou crédible visant la population civile… », selon les termes du mandat qui lui a été confié par le Conseil de sécurité des Nations unies


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Par ailleurs dans le cadre de la préparation et de la sécurisation du processus électoral qui a abouti aux élections générales du 27 décembre dernier, la Minusca n’a pas ménagé ses efforts pour appuyer les autorités de la République centrafricaine. Cela s’est traduit notamment en un appui en matière de sécurité et un soutien opérationnel, logistique ou technique pour faciliter l’accès aux zones reculées. En outre, conformément à son mandat, la Minusca a coordonné l’assistance électorale internationale.


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Maintenant que les élections se sont déroulées et que les premiers résultats provisoires ont été communiqués, le défi reste de taille pour la mission onusienne.  Les groupes armés vont-ils desserrer l’étau qu’ils maintiennent autour de plusieurs villes du pays ?  Rien n’est moins sûr. En fin de compte, il semble que l’avenir immédiat de la RCA est subordonné à la direction politique que les dirigeants centrafricains soutenus par les partenaires internationaux imprimeront.  Mais d’ores et déjà, la coalition de l'opposition (COD 20) qui regroupe notamment neuf candidats à la présidentielle (Anicet-Georges Dologuélé, Martin Ziguélé, Mahamat Kamoun, Crépin Mboli-Goumba, Alexandre Ferdinand Nguendet, Abdou Karim Meckassoua, Catherine Samba-Panza, Nicolas Tiangaye et Désiré Kolingba) a demandé jeudi dernier, l'annulation du vote du 27 décembre et l’organisation d’une nouvelle élection. Néanmoins il est très peu probable que les récriminations de l’opposition soient entendues. 


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Dans ces conditions, l’engagement politique des autorités centrafricaines en faveur de la stabilité des institutions, de la réconciliation nationale et la cohésion sociale est primordial.  Il est également question d’œuvrer pour la justice, la lutte contre l’impunité, la protection des droits de l’Homme et la relance économique. Mais pour cela, Bangui a besoin de soutiens. Et celui de la Minusca lui est tout acquis conformément à la résolution 2149 du Conseil de sécurité des Nations unies du 10 avril 2014. Toujours est-il que malgré son engagement, la Minusca suscite de nombreuses critiques de la classe politique de l’opposition. L’opinion publique centrafricaine, elle-même s’interroge sur l’impact de la mission sur le pays. Et la recrudescence de la violence du fait des groupes armés, prolonge les doutes des Centrafricains. Malgré tout, la Mission onusienne poursuit son travail …jusqu’au 15 novembre 2021. Au moins…


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