« Les procédures d’établissement ne sont pas maîtrisées »

Adamou Amadou, président national Mboscuda.

En quoi consiste le projet d’enregistrement et de délivrance des actes de naissance aux enfants Mbororos ? 
C’est un projet qui vise à établir les actes de naissances aux enfants Mbororos en particulier, et des enfants vulnérables en général. L’établissement de ce document important demeure un luxe dans la communauté Mbororo. Ceci parce qu’elle vit dans des zones assez reculées, loin des administrations en charge d’établir les actes d’état civil. Cette situation nous a poussés à nous pencher davantage sur la délivrance de ces actes. Nous avons ainsi saisi l’occasion d’appel d’offres lancés par l’ambassade des Etats-Unis sur l’étendue du territoire camerounais, notamment des projets sur l’aspect socioéconomique de la population camerounaise. Nous ne voulons plus voir nos populations vivre en marge de la grande société puisqu’elle est suffisamment en retard par rapport à d’autres communautés. Le projet ARDF vise, non seulement à sensibiliser la population sur l’importance chez l’enfant de disposer d’un acte de naissance, mais aussi de le vulgariser au sein de la communauté. Nous allons à cet effet collaborer avec les institutions en charge d’établir les actes de naissance. Notamment le Bunec, les mairies et la justice dans le cas où ces actes ne sont pas établis à temps.
Qu’est ce qui coince dans la délivrance de ce document au sein de la communauté Mbororo ? 
Deux choses constituent un obstacle à l’établissement des actes de naissances au sein de cette communauté. Il s’agit de leur mode de vie dont la seule préoccupation est l’élevage qui les conduit à vivre en marge de la société. Ensuite, leur ignorance. Car bon nombre de Mbororos ignorent même l’existence de l’acte de naissance et ne maîtrisent pas les procédures d’établissement des actes de naissance. Ce qui fait qu’il leur devient difficile de quitter leur biotope afin de se rendre dans un centre d’état civil pour déclarer la naissance d’un enfant. Ces derniers temps, l’association Mboscuda a mené des sensibilisations sur le terrain et les choses se sont beaucoup améliorées. Pour cette raison, nous sommes en train de voir comment les amener à établir aussi des actes de mariage et les actes de décès. 
Pourquoi ne choisir que quelques départements de la région de l’Adamaoua ?
Pour deux raisons. Dans l’Adamaoua, l’association Mboscuda a déjà travaillé dans le département de Mayo Banyo. Pourtant, le Mbéré, le Djerem et la Vina, sont encore en arrière en matière d’établissement des faits d’état civil. 
Qu’attendez-vous des agents de collecte des données sur le terrain ? 
Une fois rendus dans les campements des éleveurs, ils doivent revenir avec des informations complètes et fiables. Celles-ci vont nous aider à établir des actes de naissances et évaluer la situation à venir. Aujourd’hui, le nomadisme pur n’existe pratiquement plus. Il y a des semi-nomades ou des mouvements transhumants. Vous allez trouver des campements de Mbororos établis depuis plus de cinq décennies et qui ne pratiquent que la transhumance. Nous espérons que sur le terrain, ils n’auront pas trop de difficultés à identifier les populations cibles afin de leur permettre de disposer du droit à une existence, à l’éducation et à la nationalité. 
 

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