Préservation des forêts : l’apport de la cacaoculture

Un cadre d’action commun pour lutter contre la déforestation signé hier à Yaoundé entre le Minader, le Mincommerce et des organisations de producteurs locaux.

Désormais, les ministères en charge du Commerce, de l’Agriculture et les organisations de producteurs de cacao vont œuvrer ensemble pour la préservation des forêts. C’est l’enjeu majeur du cadre commun d’action qui a été signé hier entre ces différentes parties. D’après le Minader, Gabriel Mbairobe qui présidait l’évènement, cet instrument s’appuie sur la déclaration d’intention issue de la réunion de mars 2017 à Londres. « Il définit les engagements fondamentaux et les autres conditions préalables requises pour une chaîne d’approvisionnement en cacao sans déforestation au Cameroun », a-t-il expliqué. Elaboré au travers d’un processus multipartite, ce cadre d’action commun s’articule autour de trois thèmes : « la protection et la restauration des forêts », « la production durable et la commercialisation » et « l’engagement communautaire et inclusion ».
En rappel, le Cameroun possède le troisième massif forestier dans le Bassin du Congo (11%) et sa forêt couvre environ 46% de son territoire national. Seulement, avec les changements climatiques, l’urbanisation, l’agriculture de rente grandissante et particulièrement la cacaoculture, on assiste à un regressement de la flore qui conduit à la déforestation. Selon une étude, de 2001 à 2019, le pays a perdu 1,32 million ha de forêt. Un chiffre supposé s’accroître au fil du temps. Malgré cela, le Cameroun, 3e plus grand producteur africain de cacao avec 290 000 t, ambitionne de renforcer sa production à 640 000t par an à l’horizon 2030. D’où la volonté gouvernementale de mettre en synergie les différentes actions en vue d’un renforcement de la production dans le respect du parc national et de la forêt. Il s’agit, d’après Gabriel Mbairobe, de permettre non seulement d’améliorer les revenus des cacaoculteurs, mais aussi de favoriser la production d’un cacao durable Made in Cameroon. Lequel se définit comme étant exempt de défaut de saveur et offrant un profil aromatique complexe produit dans le respect de l’environnement où il est cultivé, fermenté et séché. 
Le gouvernement et les autres acteurs de la chaîne de production du cacao s’engagent donc à travers la signature de ce cadre d’action commun à se conformer à la loi de janvier 1994 portant régime des forêts, de la faune, et de la pêche au Cameroun, et à promouvoir la conservation des forêts du domaine forestier permanent, respecter les droits des producteurs et leur garantir un revenu vital entre autres. C’est dans cette optique que les signataires du cadre devront mener des actions pour la protection et la restauration des forêts, une production durable et une commercialisation d’un cacao sans déforestation.  
 

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