Trafic de nourrissons : six suspects aux arrêts à Yaoundé

Ils ont été appréhendés le 12 janvier dernier par les éléments de la compagnie de Gendarmerie de Yaoundé III et ceux de la brigade d’Odza, à la suite de l’enlèvement de quatre enfants.

Des personnes ayant fait du commerce des enfants leur gagne-pain sont aux arrêts depuis le 12 janvier dernier à Yaoundé. Elles ont été appréhendées par les éléments de la compagnie de Gendarmerie de Yaoundé III et ceux de la Brigade d’Odza, au lieu dit « Borne 10 ». D’après le chef d’escadron, Baudouin Gweha, commandant de la compagnie de Gendarmerie de Yaoundé III, c’est un proche de l’une des mères qui avait accepté de « vendre son enfant » qui leur met la puce à l’oreille. Après avoir accouché dans un dispensaire de la ville, Danielle Nkoutou, 19 ans, a fondu dans la nature avec le nouveau-né. Les recherches immédiatement engagées par les gendarmes permettent de la retrouver dans un hôtel au quartier Odza. Elle y est aux bons soins de François Atangana Amana, 33 ans. C’est le promoteur de l’hôtel et le cerveau de ce trafic de nourrissons. C’est à lui que la jeune femme remet son nouveau-né de deux jours, contre la somme d’un million de F. 

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L’audition de cette dernière permettra de démanteler le réseau jusqu’aux deux acheteurs. Notamment une certaine Inès Nkounkou Chancelvis, 40 ans, originaire de la République du Congo. Celle-ci avait besoin de deux enfants et avait versé six millions de F à son homme de main, François Atangana Amana, pour mettre en exécution son projet.  Biberons, couches et autres effets ont été retrouvés à leur base. La berceuse recrutée pour garder les enfants aussi. Au total, ce sont six personnes qui ont été interpellées : négociateurs, acheteurs, vendeurs et berceuses. L’opération menée par les pandores a permis de récupérer quatre nourrissons âgés de deux jours à six mois. Ils ont été conduits à la Fondation Chantal Biya pour leur prise en charge.  

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Interrogés, les suspects ont fait savoir que le prix d’achat d’un enfant oscille entre un et trois millions de F et que ce trafic est organisé en réseau avec la complicité des parents. Ceux-ci cèdent leurs enfants pour une somme dérisoire à des intermédiaires chargés de les «  vendre » au marché noir. C’est généralement sur Internet que les victimes, -les jeunes filles incapables de s’occuper de leur enfant- se recrutent. D’après notre source, les six personnes interpellées ne sont visiblement que l’arbre qui cache la forêt. L’enquête en cours permettra certainement d’attraper d’autres éléments de ce réseau. Les gendarmes saisissent l’occasion pour inviter les populations à plus de responsabilité et à collaborer davantage avec les forces de l’ordre afin que de tels réseaux soient mis hors d’état de nuire. 

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