« Il est important de susciter une cohésion sociale »

Marilyn Douala-Bell, présidente de Doual’art.

Pourquoi cet accent mis sur le patrimoine contemporain ?


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Dans le contexte actuel de la société camerounaise, il est important de faire corriger les regards. Il me semble extrêmement important de nous battre pour que le pays dans lequel nous vivons et qui est en cours de déstructuration puisse avoir dans le monde culturel des personnes qui participent à susciter une cohésion sociale. La vision de Doual’art s’inscrit dans cette nécessité de recréer un dénominateur commun et qu’est-ce qu’il y a de plus commun qu’un patrimoine pour que la société se reconnaisse dans cette collectivité de population ? Ce qui nous intéresse donc, c’est d’ouvrir un débat sur la question du patrimoine contemporain. Nous devons inventer une manière de collaborer, de dialoguer et la question du patrimoine est sans aucun doute celle qui va être la plus difficile à révéler, mais celle qui va nous permettre de mieux comprendre qui nous sommes aujourd’hui et le legs que nous allons transmettre aux générations futures. Nous avons une très grosse responsabilité qui ne doit pas être portée seulement par les plus âgés. 


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Comment ce patrimoine contemporain est-il lié à notre histoire ?


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Nous sommes tous Camerounais parce que les frontières qui entourent ce territoire ont été bâties en 1885 au moment de la conférence de Berlin par la volonté du pouvoir allemand. Notre pays est né au 19e siècle avec la décision de ces Européens, de ces Occidentaux de se partager, de balkaniser le continent africain. Avant cette décision de s’attribuer telle ou telle partie du continent africain, le Cameroun n’existait pas. Il y avait des communautés avec leurs habitudes, elles se liaient, se faisaient la guerre, tissaient des liens de mariage, avaient des relations sporadiques. Mais à partir de 1885, nous sommes tous devenus Camerounais. Qu’on le veuille ou non, le Cameroun existe du fait des Allemands. D’où le projet que nous avons mis sur pied, « Kamerunstaadt : éducation à la mémoire et à la citoyenneté par l’art ». Nous y explorons la naissance de l’Etat du Cameroun.


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