Blanchiment de capitaux et financement du terrorisme : le risque reste élevé

Le rapport sur l’évaluation nationale des risques de ces fléaux a été officiellement présenté hier au gouvernement en présence des partenaires techniques.

La menace nationale de blanchiment de capitaux est jugée élevée au Cameroun. Celle du financement du terrorisme favorisée par les flux financiers détectés, des sources et des réseaux aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du Cameroun est aussi élevée. Ces notes ont été attribuées au terme de l’évaluation nationale des risques de blanchiment des capitaux et de financement du terrorisme que vient d’effectuer un comité interministériel élargi au secteur privé, sous la coordination de l’Agence nationale d’investigation financière (Anif). Le rapport de cette évaluation a été présenté hier au cours d’une cérémonie présidée par le ministre délégué auprès du ministre des Finances, Yaouba Abdoulaye en présence des responsables du Groupe d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique centrale et de la Banque mondiale qui a apporté son appui technique. 


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Selon Hubert Ndé Sambone, directeur de l’Anif, le niveau de risque est davantage élevé dans les secteurs de la banque, de la microfinance, de l’immobilier, des casinos, des bureaux de change, des négociants de métaux et pierres précieuses, des notaires et vendeurs de matériaux de construction. Le niveau de risque « moyennement élevé » a été attribué aux sociétés des transferts de fonds, aux autres institutions financières spécialisées, aux marchands d’œuvres d’art et aux organismes à but non lucratif. Enfin, le marché des titres, le secteur des assurances, les comptables et auditeurs, les entreprises de location-vente et les sociétés de transport de fonds ont été évalué à un niveau de risque «moyen». 


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Les facteurs qui aliment la vulnérabilité du dispositif de lutte contre le blanchiment des fonds et le financement du terrorisme sont entre autres: l’insuffisance de la capacité et des ressources pour enquêter, poursuivre et juger les crimes financiers et confisquer les avoirs; le manque de probité et d’indépendance des enquêteurs, des autorités de poursuites des crimes financiers ; l’insuffisance de la coopération des acteurs nationaux; la non exhaustivité des lois sur la confiscation des actifs ; le poids important de l’économie informelle, l’efficacité limitée des contrôles effectués par les autorités de supervision, l’absence de sanctions administratives et pénales pour les professions assujetties. « Au niveau national, le rapport de l’évaluation servira de base, voire de boussole à la prise de décision stratégique dans la mise en œuvre du dispositif national de lutte contre ces fléaux ou encore à l’affectation idoine des moyens de lutte, selon une approche désormais fondée sur les risques», a indiqué le ministre des Finances dans son mot publié dans le rapport. 


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