Garoua : l’usine Cicam au ralenti

La partie production de la succursale de la Cotonnière industrielle du Cameroun (CICAM) est certes en arrêt, mais l’administration fonctionne normalement.

Quelques images captées vendredi dernier à la direction de l’agence Cicam de Garoua. A l’entrée du vaste domaine, les vigiles filtrent l’accès. Dans la cour, deux personnels, le pas alerte, rejoignent le bloc administratif. D’un autre côté, trois employés sortent de l’usine. « Ce sont les techniciens qui viennent assurer la maintenance des machines », apprend-on furtivement. L’information est confirmée quelques minutes plus tard par le maître des lieux, Adoum Abagana, directeur de l’usine Cicam de Garoua. « Un journal a écrit que l’usine Cicam de Garoua est fermée. Cela a été abondamment relayé par les réseaux sociaux. Nous sommes en arrêt, mais pas fermés. La preuve ? Le personnel administratif est en poste. Mais, au niveau de la production, nous accusons une baisse d’activités parce que la Sodecoton, notre principal fournisseur en matière première, a arrêté de nous approvisionner et depuis fin novembre 2020, l’usine est à l’arrêt. La Cicam a une dette d’un peu plus d’un milliard de F vis-à-vis de la Sodecoton », explique le directeur de l’usine.


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Il ajoute que la trésorerie de la Cicam est tendue parce que l’année 2020 a été difficile à cause de la pandémie du Covid-19. « Nous faisons notre chiffre d’affaires sur le 08 mars et le 1er mai. Le 08 mars 2020, la campagne n’avait pas été bonne.  Le 1er mai, les festivités avaient été annulées à cause du Covid-19 », souligne, une pointe de déception dans la voix, Adoum Abagana. Le directeur multiplie depuis quelques semaines les visioconférences avec sa direction à Douala pour tenter de trouver des solutions. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, on se dirige vers le même scénario que l’année dernière. Le 08 mars, c’est dans une quarantaine de jours. La campagne est mal lancée, sinon compromise, la Cicam ayant besoin d’un mois minimum pour produire les pagnes. Dans son dispositif opérationnel, l’usine de Garoua est éminemment stratégique. C’est elle qui transforme le coton en fil, puis en tissu, pendant que Douala a vocation à faire la teinture et l’impression. 


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Dans cette crise, les machines ne sont pas incriminées. La Cotonnière industrielle du Cameroun, l’une des entités de la flotte d’entreprises étatiques gérées par la Société nationale d’investissement (SNI), a même renforcé récemment son parc d’équipements. La visite guidée effectuée rassure le visiteur sur les capacités techniques de cette entreprise créée en 1965. Sur sa plateforme de Garoua, la Cicam emploie environ 360 personnes. Un Conseil d’administration est en gestation. La crise que traverse la structure sera probablement évoquée à ces assises. En plus des relations difficiles avec la Sodecoton, la Cicam fait face à une concurrence féroce. Le marché est inondé par les produits venant d’un pays voisin et de l’Asie. « Les ventes ne couvrent plus les charges », analyse froidement le directeur de l’usine de Garoua.


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