Extrême-Nord : la menace des éléphants

A leur actif, déjà des centaines d’hectares de cultures dévastées ces derniers mois et des pertes en vies humaines enregistrées.

sur l’arrondissement de Kalfou, département du Mayo-Danay, où des éléphants sont en train d’effectuer une sorte de razzia dans les champs. Des sources de la délégation départementale des Forêts et de la Faune du Mayo-Danay estiment à environ 240 hectares, les surfaces de cultures dévastées ces dernières semaines dans le département du Mayo-Danay et le département voisin, le Mayo-Kani qui lui aussi reçoit de temps en temps la visite nocturne des pachydermes. Les localités de Bougaï, Kada Karal, Koro Koro, Moyo et Djabé dans l’arrondissement de Kalfou sont les plus touchées. Les cultures sont systématiquement détruites au passage de ces pachydermes. Les paysans ne maîtrisant pas suffisamment les techniques de refoulement de cette espèce animale, ni les comportements à adopter quand on se retrouve en face de ces pachydermes, le conflit tourne généralement au désavantage des pauvres cultivateurs qui, parfois meurent piétinés par les éléphants.


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En 2020, on a enregistré sept pertes en vies humaines dans le Mayo-Danay. La dernière victime enregistrée en fin novembre dernier confie Alhadji Halla, le délégué départemental des Forêts et de la Faune du Mayo-Danay, était un orphelin d’environ 18 ans, élève de la localité de Mazaya qui fréquentait le lycée technique de Yagoua. Dans le Mayo-Kani aussi, un garçon est décédé le 2 janvier dernier dans la localité de Goudoum Goudoum, piétiné par un éléphant qu’il voulait chasser de son champ.


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Face aux dégâts des éléphants, les paysans sont aux abois et ne savent plus à quel saint se vouer. Ils estiment même qu’aux yeux des autorités étatiques, la bête a plus de valeur que l’homme. Ceci d’autant plus que ces animaux sont protégés par des conventions internationales signées par le Cameroun. Selon Christian Hououa, délégué départemental de l’Agriculture et du Développement rural dans le Mayo-Danay, les désastres causés par les éléphants dans l’arrondissement de Kalfou, pour le compte de la saison agricole 2020-2021 peuvent être estimés à 45,8 millions de F. Depuis une dizaine d’années, il ne se passe pas un an sans que les paysans se plaignent des dégâts des éléphants dans leurs champs.


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Avec la pression démographique consécutive aux migrations internes dues aux exactions de la secte Boko Haram, la menace se fait plus grandissante puisque les gens n’hésitent plus à s’installer même dans les corridors des éléphants. La population est grandissante et les terres pour effectuer l’agriculture et l’élevage deviennent de plus en plus insuffisantes pour les habitants qui ne vivent que de ces activités. Et comme si cela ne suffisait pas, les éléphants saccagent même des greniers et consomment tout ce qu’ils y trouvent. Ces animaux sont de plus en plus nombreux. On estime à environ 350 têtes, le cheptel d’éléphants en perpétuelle errance dans les départements du Mayo-Danay, du Mayo-Kani et du Logone et Chari. Les éléphants ont faim et soif. Une situation qui appelle à des solutions durables en vue de leur survie et la vie des populations riveraines avec qui la cohabitation n’est pas bonne.


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