Cameroun – RCA : la paix en commun

La situation que traverse actuellement la République centrafricaine ne peut pas laisser indifférent le Cameroun. Ces pays amis et voisins partagent en effet une longue frontière commune. Faisant face depuis la fin de l’année dernière à une énième crise socio-politique, la République centrafricaine sait pouvoir compter sur son voisin le Cameroun. En effet, depuis le début des remous qui ont fait suite à l’élection présidentielle du 27 décembre 2020 dans ce pays, ce sont près de 5 000 réfugiés centrafricains qui ont traversé la frontière pour se retrouver dans la localité de Garoua-Boulaï dans la région de l’Est. Le gouvernement camerounais, fidèle à sa tradition d’hospitalité, a tout mis en œuvre pour accueillir ces personnes. Mais comme on a pu le constater, cette insécurité a entraîné d’autres conséquences. C’est ainsi que le corridor Douala-Bangui, qui permet d’approvisionner ce pays qui ne dispose pas de sortie sur la mer, en produits divers, dont ceux de première nécessité, est depuis lors bloqué. Ce sont ainsi des milliers de camions qui sont stationnés le long de cette voie et particulièrement dans la ville de Garoua-Boulaï, distante de la frontière centrafricaine de moins de cinq kilomètres.
 A ces faits, il faut ajouter d’autres qui ont vu le jour en raison de cette insécurité. Ce sont les exactions commises du côté du Cameroun par des bandes armées venant du pays voisin. Celles-ci viennent souvent à la recherche de leur pitance quotidienne, causant ainsi de nombreux dégâts sur leur passage. Les derniers remous enregistrés, côté centrafricain, ont amené les autorités camerounaises à muscler le dispositif le long de la frontière commune. Une mesure qui a permis de réduire à leur plus simple expression, l’action des bandes armées. Les descentes sur le terrain du ministre de l’Administration territoriale, Atanga Nji Paul et du général de corps d’armée, chef d’état-major des armées, René Claude Meka a traduit la volonté du président de la République de tout mettre en œuvre pour sécuriser le territoire camerounais, tout en continuant à accueillir les réfugiés qui ne demandent qu’à vivre en paix. Bien plus, le Cameroun n’a jamais eu de cesse d’apporter sa contribution à un retour à une paix définitive en RCA, conscient de ce que les remous enregistrés dans ce pays ne peuvent qu’avoir des conséquences localement. D’où la présence, depuis plusieurs années, d’un contingent camerounais au sein de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en Centrafrique (Minusca). L’arrivée à Yaoundé d’un envoyé spécial du président Faustin Archange Touadera, pour faire le point de la situation à son homologue camerounais, traduit cette préoccupation qui habite tous les responsables de la sous-région : le retour de la paix en RCA est plus jamais une nécessité pour l’ensemble de l’Afrique centrale.
 

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