Made in Cameroon : un label à voir

Les produits du terroir ont besoin d’une meilleure exposition dans la cité économique camerounaise.


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Elisabeth, cadre dans une entreprise de Douala, a décidé de partager avec ses collègues les saveurs d’un café « Made in Cameroon » découvert chez sa sœur. Cette dernière lui a indiqué la grande surface dans laquelle elle pouvait se ravitailler. Sauf qu’une fois sur place, elle va chercher le produit en vain. De guerre lasse, au bout de dix minutes à essayer de se débrouiller toute seule, elle finit par demander l’aide d’un vendeur et la voilà repartie. Elle trouvera bien son café « Made in Cameroun », mais il lui faudra pour cela s’accroupir. Le produit est tout en bas dans le rayon consacré. Quand elle partage son expérience avec des amis, ils lui révèlent avoir eu le même souci en voulant acheter un produit local. Dans les grandes surfaces, les produits locaux ne sont pas vraiment valorisés. 


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Une situation confirmée par Jeanne Marlyse Donna, co-promotrice de Maison Sanzo’o à Bonapriso, entreprise spécialisée notamment dans l’agro-alimentaire et le cosmétique. Parmi les problèmes que connaît le Made in Camerooon en termes de distribution, elle évoque le manque de visibilité : « Aujourd’hui dans les grandes surfaces, les produits « Made in Cameroun » sont peu visibles. Ils ne sont pas placés dans les zones où ils seront facilement repérables. Quelques efforts ont été faits par une grande surface comme Carrefour, mais chez les autres, pas du tout. Le pire, c’est que le problème est encore plus accentué dans les grandes surfaces des nationaux et il faudrait que ça change. Réglementairement, l’Etat peut imposer aux supermarchés par exemple, comme ça se fait au Nigeria ou au Ghana, que les produits locaux soient présentés en tête de gondole et gratuitement. Et que cela soit fait à au moins à 50%. »


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L’autre solution, c’est de fréquenter des boutiques spécialisés dans le Made in Camerooon, qui voient le jour depuis quelques années maintenant à Douala, et sont mises en place généralement par des producteurs locaux. Mais de l’avis de certains, c’est encore très peu pour satisfaire une demande grandissante. C’est le cas de Jules Binene, promoteur de la boutique Bro Market à Deido. Il rappelle quelques difficultés rencontrées dans la distribution : « Aujourd’hui, chacun d’entre nous, pour louer une boutique, doit débourser entre 100 000 et 500 000F, parfois ça va jusqu’à un million de F. Les charges sont lourdes pour la taille de nos boutiques. L’Etat peut nous aider entre autres en nous accordant la facilité d’ouvrir de grands magasins. L’Etat est propriétaire de terres, de certains bâtiments aujourd’hui vides. Il peut nous les céder pour gestion. » Une piste de solution à explorer ?


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