Langues nationales : le secondaire se met à la charge

Près de dix ans après l’introduction de cet enseignement, les résultats sont mitigés. Vérification faite au lendemain de la Journée mondiale célébrée le 21 février.

« Est-ce que les mots étaient difficiles ? Pourquoi j’ai des 4/10 en dictée ? Pour des mots que nous avons appris ? ». Marie Christiane Engongode n’y va pas de main morte avec ses élèves. Ce lundi 22 février, l’enseignante de langues et cultures nationales au Lycée général Leclerc de Yaoundé a rendez-vous avec sa trentaine d’élèves de la classe de Troisième. Pas de cours comme d’habitude. Séance consacrée à la révision de la dernière évaluation. Une dictée sur dix mots du quotidien à écrire en langue ewondo. C’est la langue nationale enseignée dans cette classe. Les instructions données en langue par l’enseignante sont comprises par les élèves. « Nous essayons d’entretenir ce dialogue pour que les enfants comprennent. C’est une manière de leur faire faire des exercices pratiques », relève Marie Christiane Engongode.


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Sauf que sortis de la classe, beaucoup n’y font plus très attention. Les élèves viennent de différentes aires culturelles et doivent, malgré tout, s’adapter à la langue dispensée. « Je parle déjà assez bien l’ewondo. Davantage pendant les cours. Mais je n’ai pas beaucoup de monde avec qui échanger en dehors des heures de cours », confesse Rahanatou Ibrahim. L’élève s’exprime mieux en fulfulde et apprend l’ewondo depuis qu’elle est entrée dans cet établissement en classe de 5e. Pour sa camarade Joyce Rane, le cahier de langues nationales est particulièrement bien entretenu. « Je comprends, prononce et écris certains mots en ewondo. Mais je ne peux pas encore avoir une conversation », reconnaît-elle. Elle se dit plus à l’aise avec son bamoun maternel. Au Lycée Leclerc, les langues nationales sont enseignées depuis une dizaine d’années. Le système d’enseignement est codifié. Pour les classes de 6e et 5e, c’est l’approche multilingue. Les élèves venant de cultures diversifiées sont initiés à l’alphabet général des langues camerounaises. « Nous enseignons la pratique écrite. Nous nous basons sur les mots que les élèves ramènent de la maison et assurons la retranscription », indique Marie Christiane Engongode, également animateur pédagogique des langues et cultures nationales dans cet établissement.


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Pour la soixantaine de classes à tenir, ce lycée compte huit enseignants dont six titulaires et deux vacataires. Ursule Bandolo est l’une des vacataires. Appartenant à la première promotion de la filière Langues et cultures camerounaises de l’Université de Yaoundé I-Ngoa-Ekelle, elle est sortie en 2017. Pour elle, les apprenants manifestent un réel enthousiasme quand ils apprennent de nouvelles langues. Sauf que la cellule familiale doit encore prendre le relais. « Le premier blocage, ce sont souvent certains parents. Ils ont du mal à admettre que leurs enfants apprennent une langue nationale à l’école. Soit ils n’encouragent pas, soit ils ne sont pas outillés eux-mêmes pour aider », constate Ursule Bandolo. L’autre défi, c’est le système d’apprentissage à intégrer. Les enseignants s’organisent à former sur la base de la phonétique pour aider les apprenants à comprendre cet apprentissage nouveau.


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