Exécutifs municipaux : un an, quel bilan

Il y a douze mois, dans un certain enthousiasme, les Camerounais procédaient au choix de leurs conseillers municipaux et plus tard, des maires, dans un contexte marqué par de multiples attentes.

De nombreuses attentes ont meublé les élections municipales du 9 février 2020. Ce scrutin intervenait dans un contexte marqué par l’avènement d’un nouveau cadre juridique encadrant le fonctionnement des collectivités territoriales décentralisées au Cameroun : le Code général des collectivités territoriales décentralisées, promulgué moins de deux mois seulement après la tenue du scrutin et qui devait également servir de guide pour la mise en place des communes chargées d’œuvrer à l’accélération du processus de décentralisation impulsée par le président de la République. C’est donc dire qu’au-delà des innovations, inhérentes à toute nouvelle loi, les exécutifs municipaux, issus de cette cuvée, étaient porteurs de nombreuses attentes à la fois des populations, mais aussi des pouvoirs publics qui manifestaient, à travers le nouvel environnement, leur volonté de voir les Camerounais s’impliquer davantage dans la gestion des affaires locales.


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Comment ne pas signaler les nombreuses innovations introduites par le Code général des collectivités territoriales décentralisées. Il en est ainsi de nouvelles compétences dont le transfert en faveur des communes et des régions est prévu ; des aménagements sont également apportés dans le cadre du financement du processus de décentralisation, avec l’octroi, chaque année, de 15% des recettes de l’Etat à ces entités, dans un contexte où les concernés réclamaient 10% ; les communautés urbaines sont désormais dirigées par des maires élus, en lieu et place des délégués du gouvernement, dont la fin d’activités avait été réclamée lors des travaux du Grand dialogue national organisé à l’initiative du président de la République. Ce que l’opinion ne manque pas d’appeler « les super maires », savent aujourd’hui qu’ils sont astreints à une obligation de résultats, leur évaluation étant prévue dans moins de quatre ans. Autre fait marquant, l’obligation de résidence réitérée pour les membres des exécutifs municipaux, alors que le principe du cumul des fonctions de membre de l’exécutif municipal avec une autre activité rémunérée est désormais interdit. Ces deux derniers faits n’ont du reste pas manqué de susciter une certaine panique chez les responsables concernés. Les pouvoirs publics, à travers le ministre de la Décentralisation et du Développement local ayant fermement tenu à une stricte application des dispositions légales. Dure est la loi, mais c’est la loi, comme on peut le lire sur les frontons des édifices des tribunaux et autres cours de justice.


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Sur les attentes des populations au sortir de ce scrutin, elles restent classiques : elles entendent voir améliorer leurs conditions de vie, avec la fourniture des services sociaux de base : électricité, notamment dans les zones rurales, eau potable, routes carrossables, soins de santé, écoles. Dans ce dernier cas, même si cela tardent à se manifester en actes concrets, l’on devrait assister à une plus grande responsabilisation des collectivités territoriales dans l’éducation de la jeunesse camerounaise, elles qui auront désormais la gestion des établissements scolaires jusqu’au secondaire, l’Etat se réservant la primeur sur l’enseignement supérieur. Un an après le scrutin de l’année dernière, il apparaît utile d’évaluer avec les acteurs concernés, le chemin parcouru. 


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