« Des avancées majeures et irréversibles ont été opérées »

Pr. Marie-Thérèse Abena Ondoa, minister de la Promotion de la Femme et de la Famille.

Madame le ministre, nous sommes rendus à la 36e édition de la commémoration de la Journée internationale de la femme au Cameroun.  La femme camerounaise vous semble-t-elle épanouie aujourd'hui ?
Des avancées majeures et irréversibles ont été opérées dans le domaine de la promotion de la femme tant au plan stratégique qu’aux plans pratiques et professionnels. Ces avancées découlent tout d'abord de la volonté politique de la plus haute autorité de l'Etat et sont tributaires des stratégies déployées tant au niveau institutionnel que non institutionnel pour permettre aux femmes non seulement d’accéder aux sphères de prise de décision, mais de s’y maintenir en étant compétentes. Toutes ces avancées permettent d'affirmer que la situation de la femme camerounaise s'améliore de jour en jour.
La JIF est dédiée à la promotion des droits de la femme. Quelle évaluation faites-vous du chemin parcouru ? 
Comme je le relevais plus haut, la situation de la femme camerounaise s’est considérablement améliorée, même si d’indéniables disparités restent perceptibles, dues à des préjugés sexistes séculaires et certaines survivances socio-culturelles inappropriées dont la volonté politique et l’irréversible évolution du temps finiront, j’en suis persuadée, par avoir raison. Je voudrais d'abord dire que le Cameroun met tout en œuvre pour réaliser l’Objectif de Développement Durable N°5, à travers la promotion de l'égalité des sexes et l’autonomisation des femmes et des filles. Une politique nationale genre, adoptée en 2014, est mise en œuvre à travers un Plan d'action multisectoriel appelant des stratégies à implémenter dans tous les domaines. Ce document est en cours de révision. De même, le gouvernement a élaboré un document Profil Genre Pays afin de disposer des données multisectorielles désagrégées par sexe, permettant d’accroître les connaissances au niveau national et de renforcer les systèmes nationaux pour le suivi des engagements internationaux, régionaux et nationaux dans ce domaine. En outre, le Profil Genre Pays permet d'établir clairement dans quelle mesure la dimension genre peut être intégrée dans les domaines prioritaires de la Stratégie Nationale de Développement pour la période 2020-2030. J’évoquerais, à titre d’illustration, et sans la moindre prétention à l’exhaustivité, le domaine de l’éducation, où les indicateurs côtoient ostensiblement les standards internationaux, ainsi qu’il ressort tant de l’évaluation achevée des anciens Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), que du suivi des 12 domaines critiques de la plateforme d’action adoptée à la faveur de la 4ème Conférence des Nations Unies sur les femmes, tenue à Beijing en 1995. Sur le plan de la représentativité féminine dans la vie publique, le Cameroun est classé 42e sur 180 pays selon l’indice d’inégalité de genre. Par ailleurs, notre pays a atteint et dépassé les 30% de représentation féminine fixés par la Conférence de Beijing. Sur le plan social, l’on assiste à un remarquable essor du mouvement associatif féminin. Aujourd’hui, précisément sous le régime du Renouveau, les femmes sont de plus en plus nombreuses dans toutes les administrations et à tous les niveaux de l’appareil de l’Etat. Elles sont dans les forces armées et de police, le commandement territorial, la fonction publique internationale, etc. Il n’est pas superflu de rappeler qu’au Cameroun, il n’y a pas de différence de salaire entre les hommes et les femmes et que la liberté d’aller et venir, de même que le droit de vote pour tous constituent des réalités palpables.
Les pouvoirs publics fournissent continuellement des efforts pour l'autonomisation et la promotion de la femme, mais certains cercles de décision semblent encore être des bastions imprenables pour les femmes. Le dernier exemple en date porte sur les conseils régionaux qui n'ont enregistré aucune dame à la tête. Qu'est ce qui coince ?
Comme vous l’avez si bien dit, les femmes s’affirment dans certains domaines comme à l’Assemblée nationale, dépassant les 30% de Beijing. S’agissant des élections des conseillers régionaux, les femmes ont osé en se portant candidates. Certes elles ne sont pas à la tête des régions, mais elles siègent déjà au sein des conseils. Elles n’étaient qu’à leur première expérience, nous allons intensifier la sensibilisation, le plaidoyer et le renforcement des capacités politiques des femmes lors des prochaines échéances électorales.
En 2021, les femmes ont-elles encore besoin de prouver qu'elles sont capables, avant d'accéder à de hautes sphères ?
Notre constitution dans son préambule affirme l’égalité des droits. L’apport des femmes est indéniable dans l’atteinte des Objectifs de développement durable, eu égard à ses responsabilités spécifiques au sein des familles et des communautés. Elles n’ont pas besoin de prouver qu’elles sont capables, avant d’accéder à de hautes sphères de prise de décision. Elles veulent la reconnaissance par leur pays et la communauté internationale, du rôle qu’elles jouent et une égalité de chance à tous les niveaux. 
Madame, les hommes voient émerger une femme camerounaise autonome, pleine d'assurance et ceci ne rassure point nombre d'entre eux. En a-t-on trop fait en matière d'autonomisation des femmes ?
En matière d'autonomisation des femmes, je ne pense pas qu'on en a trop fait ce d'autant plus que de nombreux obstacles empêchent encore le plein épanouissement de la femme. Nos frères, les hommes, devraient plutôt voir en l'autonomisation de la femme, une chance supplémentaire pour un développement inclusif et durable de notre pays.
Comment entrevoyez-vous l'avenir des Camerounaises ? Est-il prometteur ?
Au vue des engagements pris par le chef de l'Etat en faveur des femmes et des jeunes, et nous appuyant sur leur mise en œuvre progressive, nous ...

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