Respect des mesures barrières : dangereuse insouciance

Dans les administrations publiques et certaines entreprises du secteur privé, les gestes de protection sont observés, quand dans les lieux publics c’est le laisser-aller.

Dans les rues, les marchés, les transports en commun, les mesures barrières sont devenues vues de l’esprit. Au centre-ville, dans les quartiers et dans les zones de grand public, les personnes qui portent un masque sont presque une attraction. Tant elles sont rares. Les passants et autres badauds semblent avoir complètement oublié qu’il y a un an, la psychose était généralisée, et qu’à l’heure actuelle, la pandémie due au Coronavirus va crescendo et fait des ravages. La multiplication des cas de Covid-19 dans tous les hôpitaux et centres de prise en charge spécialisés du pays, les personnels de santé débordés de travail, le nombre de décès en constante augmentation, ou les rappels à l’ordre incessants du gouvernement et même de la plus haute autorité de l’Etat ne suffisent pas à faire revenir la grande majorité à de meilleurs sentiments.


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Dans les marchés, c’est la cohue. La distanciation physique est inexistante. Au Marché Mokolo, les vendeurs continuent de toucher les clientes ou de les attraper sans vergogne par la main. A l’Avenue Kennedy, les commerçants s’agglutinent sur les trottoirs et dans des magasins à la capacité d’accueil réduite pour tout ce beau monde. « Vous portez le masque ? Le Coronavirus c’est pour les riches », lancent, railleurs, des vendeurs à la sauvette à des passants qui ont revêtu leur protection. Dans les taxis, la surcharge a fait son grand retour. Les débats nourris dans les petites voitures jaunes font comprendre qu’une bonne tranche de la population demeure incrédule, niant l’existence du Covid-19. « Je ne porte pas de masque, et ce n’est pas le coronavirus que j’attendais pour me laver les mains », se vantent certains. Dans les salons de beauté, des coiffeuses et esthéticiennes sans masque, parlent de très près à leur clientèle, sans tenir compte des risques de contamination. Des clichés regrettables.


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Au milieu de cette vague d’insouciants qui mettent en danger toute la population en même temps qu’ils mettent en branle les centres de santé, il y a des citoyens responsables qui attachent du prix à l’application des gestes barrières. Parmi les bons exemples, les administrations publiques se démarquent.


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Georges Essala a rendez-vous dans 15 minutes avec un responsable du ministère du Travail et de la Sécurité sociale (Mintss) ce 8 mars 2021. Veste bleue nuit, assortie d’une mallette carrelée, le quadragénaire marche avec assurance, avant de se voir interdit d’accès à peine avoir franchi le portail de ce département ministériel. « Monsieur, personne n’entre sans le masque », lance l’un des quatre agents de sécurité. Derrière le portail à moitié fermée, l’usager essaye de négocier. Le temps presse et Georges Essala se met en colère. L’agent de sécurité ne fléchit pas et ordonne à son interlocuteur de se procurer un cache-nez devant l’Immeuble rose, se mettre en règle avant de pouvoir accéder au bâtiment. Comme dans ce ministère, la majorité des administrations publiques visitées hier par CT font du respect des mesures barrières contre le Covid-19, une règle d’or. Les affiches collées le long des murs, à l’intérieur comme à l’extérieur de ces édifices le précisent à suffisance. 


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Si le port du masque est obligatoire dans les administrations publiques, les autres gestes de protection comme le lavage des mains à l’eau et au savon ou leur nettoyage au gel hydro-alcoolique restent également des conditions non négociables. En témoignent les dispositifs installés depuis bientôt un an devant ces immeubles, ou les vigiles placés en faction, contenants transparents entre les mains. Ces mêmes vigiles procèdent également à la prise de température des usagers. L’agent de sécurité du ministère du Tourisme et des Loisirs veille d’ailleurs à ce que tous passent par le sas de décontamination. « J’ai reçu des ordres précis à ce propos. Celui qui refuse de se faire désinfecter n’entre pas », prévient-t-il. Et les usagers de ces ministères montrent patte blanche, en toute compréhension. C’est le cas des personnels du ministère du Commerce qui font un tour systématique face au  fût de 50 litres, accompagné de deux seaux d’eau et de morceaux de savon, pour se laver les mains. Un tour dans des entreprises des secteurs parapublic et privé, entre autres banques, microfinances, supermarchés, démontrent que la pandémie y est prise au sérieux, et les mesures barrières également.


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