Cités Sic : le bail de la discorde

Un nouveau contrat présenté aux locataires de la délégation régionale du Centre les 2, 13 et 20 février derniers suscite tensions et incompréhensions.

Colère, rage et frustration. Les locataires des cités Sic de la Cité verte, Nlongkak, Mendong, Biyem-Assi, Manguier et Olembe à Yaoundé ne sont toujours pas remis de la campagne de sensibilisation menée par des agents de la Société immobilière du Cameroun (Sic) les 2, 13 et 20 février derniers. Les modifications initiées par le bailleur (la SIC) dans le nouveau contrat de bail et le Code de résident ne sont pas du goût des locataires. Le nouveau contrat de bail prévoit notamment la révision du loyer, limite la durée du contrat de bail à un an, le nombre de résidents d’une famille à huit personnes et porte le payement des frais d’enregistrement et d’assainissement 71 000 F l’an. Des frais pourtant déjà inclus dans le loyer, à raison de 3000 F par mois, d’après les locataires. Ledit document prévoit l’expulsion du locataire à partir d’un mois d’arriérés de loyer. Une modification encadrée en son article 4 par « un acte extra-judiciaire », dépourvu de tout recours en justice. « Les loyers sont fixés par un texte du président de la République. Nous souhaitons avoir l’acte par lequel cette mesure présidentielle a été abrogée sans que les salaires des fonctionnaires n’aient été réévalués », lance, furieux, un résident de Mendong. 
En remettant ce nouveau contrat de bail et le code de résidence, les agents de la Sic ont rappelé aux résidents qu’ils avaient un mois pour les signer, faute de quoi, ils seront « priés de libérer les lieux ». Une expression qui met un terme aux différentes assises dans une ambiance plutôt tendue. Les locataires de Nlongkak et agents de la Sic ont failli en venir aux mains. « Ils nous ont fait croire qu’il s’agissait d’une campagne d’échanges et de négociations. Or, c’est un contrat d’adhésion qu’ils nous imposent. Peu importe nos questions, ils avaient prévu de faire valider leur contrat », précise un chef de bloc du camp Sic Nlongkak. Courroucés par la démarche utilisée par l’administration de la Sic, les locataires de la Cité-verte et ceux de Mendong se sont constitués en collectifs. Les résidents crient au scandale et redoutent une expulsion massive au profit de nouveaux locataires, plus nantis. « La Sic n’a aucune obligation dans ce contrat, juste des droits. Et c’est justement à cause de son caractère extra-judiciaire que les décisions de la Sic sont insusceptibles de recours », détaille Me Njapndouké Kentouma, locataire. Les responsables de ce collectif ont notamment adressé une correspondance au directeur général de la Sic, afin d’y voir plus clair. C’est à ce titre qu’ils ont présenté leurs inquiétudes au Dr Ahmadou Sardaouna le 6 mars dernier à Yaoundé. Les locataires de Nlongkak et Mendong quant à eux, ont promis de saisir les Services du Premier ministre et ceux de la présidence de la République.
 

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