Cour pénale internationale: Gbagbo et Blé Goudé libres

La Chambre d’appel a confirmé hier l’acquittement de l’ancien président ivoirien et de son ancien ministre de la Jeunesse.

Le procès de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé s’est définitivement refermé hier à la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye près de dix années d’audience plus tard. La Chambre d’appel a confirmé l’acquittement de l’ancien président de Côte d’Ivoire et de son ancien ministre de la Jeunesse, président du mouvement « Les Jeunes patriotes ». Comme pour exprimer sa joie, l’ancien chef d’Etat a levé les deux pouces en guise de satisfaction à la suite du verdict. A l’extérieur de la salle d’audience, les nombreux partisans des deux accusés qui avaient pris d’assaut les lieux depuis des heures ont exulté. 
Poursuivis pour « crimes contre l’humanité, meurtres, viols, persécutions et autres actes inhumains », les deux hommes sont désormais libres de leurs mouvements. Le président de la Cour, Chile Eboe-Osuji qui a rejeté les réserves formulées en septembre 2019 par la procureure Fatou Bensouda sur l’acquittement prononcé par la chambre d’instance en janvier de la même année, dit n’avoir pas trouvé de preuves suffisantes pour établir la culpabilité des accusés. Le verdict de la Chambre d’appel ne faisant plus l’objet de recours, Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé ne peuvent plus être poursuivis pour des crimes liés à la crise post-électorale de 2010-2011 en Côte d’Ivoire. 
Or, dans son réquisitoire, la procureure de la Cour pénale internationale a insisté sur un « non-lieu » qui aurait pu aboutir à une annulation pure et simple de l’acquittement et entraîné une reprise du procès. Fatou Bensouda ayant estimé que les juges de première instance n’avaient pas rendu une décision motivée en bonne et due forme et ont commis des erreurs de droit et de procédure. La magistrate gambienne qui s’apprête à passer la main en juin prochain perd ainsi son dernier baroud d’honneur à la CPI. Avec cette fin heureuse, pour Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé les deux hommes ont la possibilité de retourner dans leur pays. Mais, ils devront pouvoir compter sur les mesures de clémences des autorités ivoiriennes. Car, l’ancien président de Côte d’Ivoire fait l’objet d’une condamnation à 20 ans de prison par la justice ivoirienne pour le « braquage » de la Banque centrale des États d'Afrique de l'Ouest (BECEAO).  A l’heure où la Côte d’Ivoire est résolument tournée vers la réconciliation, M. Gbagbo, déjà en détention de ses passeports diplomatique et ordinaire, pourrait bien profiter également de la même loi d’amnistie promulguée en août 2018 par le président Alassane Ouattara et qui a déjà profité à Simone Gbagbo, l’ex-première dame de Côte d’Ivoire, qui purgeait une peine de 20 ans de prison depuis 2015 pour « atteinte à la sûreté de l’Etat ».
 

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