Commentaire: L’héritage de George Floyd

Ouvert lundi dernier, le procès sur la mort de l’Afro-Américain George Floyd reflète les contradictions qui minent encore les Etats-Unis quelques semaines après l’installation du président américain Joe Biden à la Maison blanche.

D’un côté de cette Amérique divisée, on retrouve les conservateurs qui ne souhaitent aucune évolution des lois régissant la vie de la Nation, parce qu’ils tirent profit de l’immobilisme. De l’autre, prennent position les réformateurs. Ceux qui estiment que l’Amérique a eu raison d’élire l’Afro-Americain Barack Obama comme président des Etats-Unis d’Amérique en 2008 et de le réélire en 2012. Ceux qui pensent que la même Amérique a fait le bon choix en élisant la Métisse Kamala Haris comme vice-présidente des Etats-Unis en 2020. Ceux qui croient que l’Amérique ne peut pas continuer d’évoluer avec des lois racistes et surannées.
Le procès sur la mort de George Floyd est si sensible que la vidéo projetée, à cette occasion, met en scène un raciste impénitent, le policier blanc Derick Chauvin. A 27 reprises, l’Afro-Américain répète qu’il ne plus respirer parce qu’il est écrasé sous le genou du policier qui, lui, reste impassible. Le procureur Jerry Blackwell estime que ces images sont la preuve que le policier blanc est coupable de meurtre. Mais aussi et surtout qu’il a trahi son insigne en faisant un usage excessif de la force sur le corps de George Floyd.
Certes, l’Afro-Américain était soupçonné d’avoir utilisé un faux billet de 20 dollars pour acheter des cigarettes. Selon le procureur, ce délit aurait pu être traité par une citation à comparaître au lieu d’une arrestation musclée ayant abouti à la mort de George Floyd.
Il est clair que le policier blanc risque 40 ans de prison s’il est reconnu coupable de meurtre. Cependant, la législation américaine demeure curieusement tolérante vis-à-vis des Blancs. Il suffit de convaincre un seul membre du jury, composé de 8 Blancs, 4 Noirs et 2 métisses, pour annuler le procès car une condamnation pour meurtre doit être décidée à l’unanimité des membres du jury. Encore faut-il ajouter que les rares policiers blancs poursuivis pour meurtre, aux Etats-Unis, ont été généralement acquittés. Les associations de défense des droits de l’homme pour contrecarrer ce genre de verdict inique, estiment que si le policier blanc est acquitté dans un mois, les protestations reprendront, avec la même intensité que celle ayant suivi le décès de George Floyd. D’où le devoir de punir les brebis galeuses, quelle que soit la couleur de leur peau.  

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