Conflit au Tigré en Ethiopie: Les troupes érythréennes lèvent le camp

Le gouvernement d’Addis-Abeba affirme que ses soldats assurent la sécurité au niveau de la frontière avec le départ progressif des militaires érythréens.

L’Erythrée a commencé à évacuer ses troupes du Tigré, la région séparatiste d’Ethiopie, en fin de semaine dernière. Dans un communiqué rendu public samedi, les autorités d’Addis-Abeba affirment assurer la sécurité au niveau de la frontière avec le voisin érythréen. « Comme annoncé la semaine dernière, les troupes érythréennes qui avaient franchi la frontière lorsqu'elles ont été provoquées par le TPLF [Front de libération du peuple du Tigré] ont maintenant commencé à évacuer », a annoncé Demeke Mekonnen, ministre éthiopien des Affaires étrangères. Le gouvernement érythréen tient également à préciser que les organisations humanitaires peuvent désormais, avoir accès à cette région et qu’une enquête sur les accusations de violations des droits de l'Homme au Tigré sera ouverte dans les jours à venir.


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Ces assurances du gouvernement éthiopien interviennent à la suite d’une sortie des pays du G7 appelant à un retrait « rapide, inconditionnel et vérifiable ». Ces derniers ont également souhaité « la fin de la violence et la mise en place d'un processus politique clair, inclusif et acceptable pour tous les Éthiopiens, y compris ceux du Tigré ». En effet, lorsque le conflit éclate dans cette région frondeuse en novembre 2020, le gouvernement fédéral d’Addis-Abeba reçoit le soutien de l’Erythrée, pays frontalier du Tigré au nord, et de la région éthiopienne de l'Amhara, qui borde le Tigré au sud. La prise de Mekele, capitale du Tigré, intervient quelques jours plus tard. Malheureusement, cette intervention ne va pas sans anicroches. Les troupes étrangères sont accusées de pillages, viols et de massacres par les populations et les organisations non gouvernementales. Notamment dans la ville sainte tigréenne d’Aksoum où des massacres de centaines de civils sont signalés. Le 1er Avril dernier, des chercheurs de l'université de Gand en Belgique ont affirmé avoir identifié 1 942 victimes civiles, dont seulement 3 % sont mortes au cours des bombardements et des frappes aériennes. Ces derniers disent avoir également recensé 151 massacres. Selon l’ONG International Crisis Group (ICG), la situation est dans une « impasse meurtrière et dangereuse » avec des combats qui se poursuivent. « Les deux camps cherchent le coup de grâce, mais aucun des deux ne peut réellement espérer le réaliser », souligne-t-elle.


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