Interview: « Nous restons un pays a risque »

Dr Shalom Tchokfe Ndoula, secrétaire permanent du Programme élargi de vaccination.

Qu’est-ce qui justifie la prochaine campagne de vaccination contre la poliomyélite ?


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L’année dernière, la campagne préventive avait été annulée à cause de la pandémie du Covid-19. Ce qui fait que le risque s’est accumulé sur deux années. L’objectif de cette campagne est  de maintenir le statut de pays libre de poliovirus sauvage. Le vaccin est utile à tout moment lorsqu’on a raté le rendez-vous. Le rattrapage sera fait dans le cadre de cette vaccination contre la polio. On va profiter pour rattraper toutes les autres doses de vaccin manquées. Cela dit, nous sommes un pays libre de poliovirus sauvage. On n’a pas perdu ce statut contrairement à certaines informations qui circulaient. Il n’existe pas de poliovirus au Cameroun. Mais on reste un pays à risque principalement parce que les couvertures vaccinales ont baissé contrairement aux années antérieures. On souhaite avoir une couverture vaccinale d’au moins 80% dans tous les districts du pays. Ceci afin de maintenir une immunité assez élevée et on peut même ne pas mener de campagnes lorsqu’on n’est pas un pays à risque.


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Comment expliquer la résurgence des nouveaux cas de polio en dépit des nombreuses campagnes de vaccination effectuées dans le pays ?


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Les formes de polio qui circulent témoignent de la faiblesse de l’immunité collective dans certaines zones. Ces formes de polio ne peuvent circuler si la couverture vaccinale dans le cadre de la vaccination de routine est faible ou lorsqu’on n’a pas atteint la couverture adéquate pendant les campagnes. Ces zones sont dans les centres urbains de Yaoundé et Douala où il y a beaucoup de réticences. Il y a aussi des endroits difficiles d’accès du fait de l’insécurité ou de l’accessibilité géographique où on ne peut pas aller pour les vaccinations de routine. C’est le cas du district de Manoka où nous n’avons pas la possibilité d’aller régulièrement pour la vaccination de routine. Du coup, l’on se trouve avec beaucoup d’enfants non vaccinés. Ce qui les rend vulnérables à la polio.


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Comment comptez-vous atteindre tous les enfants lors de cette campagne quand on sait que certains parents sont encore réticents à la vaccination ?


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Nous allons essayer d’atteindre les populations spéciales comme les nomades et  celles résidant dans les zones d’insécurité également. Pour ce qui est des réticences, la vaccination n’est pas obligatoire au Cameroun. Mais les familles doivent comprendre que cette vaccination est vraiment importante parce que l’immunité n’est pas à l’échelle de l’individu. Cela ne servira pas à grand chose si on n’atteint pas une couverture d’environ 90 à 95 %. D’où la nécessité de vacciner tous les enfants de 0 à 5 ans au même moment. Quel que soit l’antécédent vaccinal de l’enfant, il faut cette dose de vaccin qui rétablit l’immunité et protège contre le risque de la circulation du poliovirus sauvage. Raison pour laquelle on encourage vivement les parents à faire vacciner leurs enfants.


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