Filles-mères: Le pari des études

De nombreuses jeunes filles prennent le courage de poursuivre leur scolarisation après un accouchement, avec en tête un avenir meilleur pour elles et leurs enfants.

Réduire les statistiques et démentir ces constats qui cantonnent les adolescentes devenues mères à une vie de dépendance. Sorèle, Christine et Elizabeth (les prénoms ont été changés pour préserver l’anonymat des sources) sont âgées respectivement de 18 et 19 ans. Ce trio est inscrit en 4e année Economie sociale et familiale (ESF) au Centre social de l’arrondissement de Yaoundé V, situé au quartier Essos à Yaoundé, où elles ont choisi de poursuivre leurs études tout en élevant leurs enfants. Un refuge, une seconde chance, une nouvelle vie. Quelle que soit l’expression formulée pour parler de cette unité technique opérationnelle du ministère des Affaires sociales, ces jeunes filles y voient un espoir de concrétiser leurs rêves freinés un certain temps par une grossesse précoce. Elles sont trois, avec des aspirations différentes, mais avec un but commun, devenir autonomes pour s’occuper dignement de leurs enfants plus tard.


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Le fils de Christine a un an aujourd’hui. Pour gérer son éducation et sa scolarité, elle a le soutien de sa famille et de son compagnon. « J’ai l’appui de mes proches, mais en plus j’ai un enfant calme, heureusement. Dès qu’il a bu son lait, il reste tranquille, et je peux réviser mes cours (rires) », confie, amusée celle qui se voit déjà militaire, dans quelques années. L’armée est également le rêve de carrière de Sorèle. Si aujourd’hui l’entente avec sa famille a été trouvée, les débuts de cette mère adolescente ont été compliqués. « J’ai traversé un moment très difficile, une véritable épreuve. Je savais que c’était un peu trop tôt pour avoir un enfant, j’avais 17 ans, mais je devais l’affronter », se souvient Sorèle. Les injures subies de la part de la société et des membres de sa famille n’ont pas suffi à la décourager. « Au-delà de tout, je suis fière d’avoir eu mon bébé. Je n’ai pas eu de père, ce qui ne m’a pas rendu la vie facile. J’ai décidé de poursuivre mes études afin que l’enfance de mon bébé soit différente de la mienne », rappelle Sorèle.


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Des épreuves semblables ont failli entamer l’enthousiasme d’Elizabeth. Le dernier membre de notre trio n’a pas encore accouché. Tous les jours, elle se rend en cours avec sa grossesse. « J’ai voulu avorter au début, puis j’ai discuté avec mon partenaire qui m’a encouragée à aller en parler à ma mère. Elle a été choquée au départ, mais par la suite, elle s’est adaptée. Ma mère et moi avons établi un programme afin que je puisse aller à l’école et garder mon enfant », déclare Elizabeth. Etre autonomes dans quelques années reste la principale motivation de ces filles-mères. Elles nourrissent d’ailleurs de grands projets post-Certificat d’aptitude professionnelle (CAP). « Je voudrais être médecin. Je suis certaine que c’est ma vocation », renchérit Elizabeth. « J’ai grandi dans une famille pauvre, mais je me suis fait la promesse que ma mère ne souffrira pas quand je serai grande. Je prendrai soin d’elle. Même si j’ai accouché, je veux aller de l’avant. Je veux être indépendante, travailler pour avoir un salaire. Mon partenaire me soutient aujourd’hui, mais ce n’est pas certain qu’il le fera toujours », prévient Christine. Quant à Sorèle, elle recommande à toutes les filles-mères qui en ont la possibilité de reprendre leurs études où elles les ont arrêtées, ou trouver une formation professionnelle. « Etre mère à 17 ans n’est pas une fatalité », tranche-t-elle.


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Les deux centres sociaux sous la tutelle du Minas dans la ville de Yaoundé qui encadrent des jeunes filles comme Sorèle, Christine et Elizabeth, généralement issues de familles démunies, veulent les aider à bâtir ce futur lumineux. Sur la base de matériels et d’équipements fournis par des âmes de bonne volonté mais qui selon les responsables du Centre social manquent cruellement, ces formations dans des domaines comme l’Industrie de l’habillement ou des métiers tels que la coiffure, la gastronomie, entre autres, sont susceptibles de modifier leur trajectoire et en faire des modèles de persévérance au féminin.


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