Idriss Deby Itno : une vie de combattant

Le défunt président tchadien affectionnait le métier des armes et ne manquait pas d’aller au front.

Le Tchad a entamé hier quatorze jours de deuil national, suite à la mort du président de la République, Idriss Deby Itno. Le chef de l’Etat qui conduisait lui-même, comme à son habitude, des opérations le week-end dernier contre le Front pour l’alternance et la concorde au Tchad (FACT), une rébellion établie en Libye et déterminée à le renverser, a succombé à ses blessures, de source militaire. Le Maréchal quitte la scène sur le champ de bataille, les armes à la main, en tenant de défendre l’intégrité de son territoire. Il s’éteint ainsi à 68 ans au terme d’une vie partagée entre les armes et la politique. 
Promu maréchal par l'Assemblée nationale en août 2020, après une offensive militaire victorieuse en avril contre des jihadistes, Idriss Deby Itno arrive au pouvoir en décembre 1990 en chassant Hissène Habré et le remplace avec le titre de président du Conseil d’Etat. Avant d’être désigné président de la République du Tchad le 28 février 1991 après l’adoption de la Charte nationale. Cet ancien pilote spécialisé dans le transport des troupes a soutenu Hissène Habré en vue du renversement le 7 juin 1982 de Goukouni Oueddei. Mais, les relations avec son mentor vont vite se détériorer lorsque ce dernier va procéder à la persécution des zaghawas, l’ethnie d’Idriss Deby Itno. Son exil en Libye et au Soudan va lui permettre de mettre sur pied en mars 1990 le Mouvement patriotique du salut (MPS), un groupe armé qui va lui permettre de retourner au Tchad et de renverser le régime d’Hissène Habré. 
Avec la promulgation de la Constitution le 14 avril 1996, ce mouvement est transformé en parti politique en gardant la même dénomination. Il est élu pour un premier mandat la même année. 
Mais, les 31 ans passés au Palais rose de Ndjamena n’auront pas été un long fleuve tranquille. Celui qui a été promu général de corps d’armée en 1995 a essuyé plusieurs tentatives de coups d’Etat dont la plus emblématique reste sans doute celle de février 2008 lorsque les rebelles cernent le palais. Le président tchadien réussira à se tirer d’affaire grâce à l’intervention de la France.  L’ancien président en exercice de l’Union africaine (UA) tire ainsi sa révérence alors que la veille, il a été proclamé vainqueur à l’élection présidentielle du 11 avril dernier avec 79,32% des suffrages pour un sixième mandat. Avec cette disparition, le G5 Sahel, la force conjointe chargée de combattre le terrorisme, perd un acteur de poids. 
 

Reactions

Comments

    List is empty.

Lead a Comment

Same category