Jamais sans mon grenier

On retrouve ce garde-manger dans la majorité des ménages de la partie septentrionale du pays où il trône au centre de la concession.

« Dans nos sociétés, on reconnaît la notoriété d’un père de famille à taille de son grenier », explique Maliki Bouba, chef de famille à Kaélé. Le grenier est cet espace de stockage, aménagé sous une forme rectangulaire ou carrée avec des matériaux destiné à entreposer divers produits alimentaires, dans des sacs de 50 kg ou futs métalliques de 100 cm de diamètre dans les « sarrés ». Il en existe de trois types. Le « Bo » et le « Madinka » sous forme rectangulaire ou carrée. Ils sont construits avec de la terre des termitières, baguettes de bois de différentes longueurs, de la bouse de vache diluée dans de l’eau pour le lissage des murs et des feuilles de neem pour le soubassement. Quant au grenier « ballante », il est construit avec des branches d’arbres, palissades en bambou tissé et couvert par un toit de chaume. Sa particularité réside dans le fait qu’il est monté sur pilotis. La famille peut ainsi installer sa cuisine en dessous, les fumées permettant d’empêcher les insectes d’attaquer les provisions. On trouve le grenier dans les régions du Nord et surtout de l’Extrême-Nord. La réalisation de cet outil de stockage nécessite juste quelques matériaux trouvés généralement localement. « J’ai dépensé juste 5000 F pour construire mon grenier », raconte Claude Sirina, chef de famille.  


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Le contenu du grenier est variable et souvent indépendant de leur volume qui peut aller de 1m3 à 4,5m3. Le grenier d’une femme massa par exemple ne saurait excéder 250 kg alors que celui de l’homme chez les Mofou dépasse fréquemment les 1000 kg. 


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