Animation politique : les médias à la rescousse

En raison du contexte sanitaire actuel et d’une certaine atrophie des partis politiques, ils occupent désormais l’espace avec des tranches sur des sujets touchant aux différents aspects de la vie sociale.

« J’ai trouvé un passe-temps favori pour mes dimanches maintenant. Ce sont les débats sur les différentes chaînes de télévision le dimanche. Je zappe d’un plateau à l’autre et il n’y a vraiment pas de quoi s’ennuyer ». Paul Martin O. est cadre dans une entreprise à Yaoundé. Comme de nombreux Camerounais, il a déjà trouvé de quoi meubler ses dimanches : aller d’une chaîne de télévision à l’autre pour suivre les débats sur des sujets de société. Ainsi donc, pour les radios, le samedi est le jour de prédilection pour ces échanges entre panélistes venant d’horizons divers, alors que les chaînes de télévision montent généralement au créneau le lendemain. Et ce ne sont pas les auditeurs ou les téléspectateurs qui vont se plaindre, ni de la qualité des thèmes choisis, ni de la pugnacité des panélistes, dont de nombreux hommes politiques, même si certains écarts sont souvent à décrier sur certains plateaux. On est en droit de penser aujourd’hui que la plupart des responsables des radios et télévisions ayant pignon sur rue dans notre pays se sont passé le mot lors de la conception de leurs grilles de programme. Les jours choisis le sont à dessein : il s’agit du samedi et du dimanche qui sont ceux de repos de la plupart des accros de ces tranches d’antenne.
Cette montée en force des médias dans la communication politique peut s’expliquer dans le contexte actuel par la crise sanitaire due à la pandémie du coronavirus qui limite les regroupements de personnes. On a ainsi constaté que depuis le début de celle-ci, même les formations politiques les mieux organisées ont pris du recul et se sont tournées vers les médias de masse pour faire passer leur message. Les responsables politiques qui viennent sur les plateaux des radios et des télévisions trouvent ici une tribune idoine pour faire passer leur message, profitant notamment d’espaces offerts gratuitement en lieu et place de meetings, dont on sait que l’organisation est souvent coûteuse, même pour les formations politiques les plus nanties. 
Mais on peut également relever que cette montée en puissance des médias, qui viennent communiquer sur des sujets qui auraient pu relever de la compétence des hommes politiques, est la conséquence d’un vide observé dans l’espace politique de la part des hommes et femmes ayant la charge de le faire. La nature ayant horreur du vide, comme le disait un célèbre philosophe de l’Antiquité, les médias ont tôt fait d’occuper l’espace laissé inoccupé par les partis et les hommes politiques. Et ce ne sont pas ceux à qui sont destinés les messages véhiculés qui vont se plaindre. Il reste néanmoins à procéder à un recadrage, que ce soit des panélistes ou des organisateurs des débats, pour éviter les dérapages que l’on observe souvent ici ou là et qui viennent parfois déteindre sur le sérieux que l’on veut apporter à ces espaces de communication, dès lors qu’ils n’apportent pas grand chose à l’éducation politique d’un auditoire qui en a pourtant besoin.
 

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