Palmarès des lycées et collèges : un changement et des incompréhensions

L’absence d’un classement général cette année modifie le sens de la lecture. Ce qui n’est pas du goût de certains responsables d’établissements privés.

Rendu public depuis la semaine dernière, le palmarès des établissements aux examens de l’Office du baccalauréat du Cameroun (Obc), session 2020, n’a pas été accueilli avec le même enthousiasme par tous. C’est que contrairement à celles des années précédentes, l’édition 2021 ne dispose pas d’un classement général des établissements. L’absence de cette partie couplée à une présentation par ordres d’enseignements qui démarre par le secteur public prête en plus à confusion. Une nouvelle formule peu appréciée par des responsables des établissements privés confessionnels. A en croire ces derniers, le nouveau palmarès de l’OBC donne une lecture biaisée du document. De même, ce classement ne donne pas la visibilité sur la qualité du travail qui existe au plan national. Car, les meilleurs de la République sont casés dans les deux dernières pages. De plus, le lecteur qui n’a pas la culture de fouiller pensera que le lycée de Bépanda à Douala occupe le haut du pavé de ce classement. « C’est bien qu’il y ait un classement. Ça pousse les établissements à se donner davantage pour mériter de se hisser aux premières places de celui-ci. Nous aurions aimé qu’à côté, il soit publié un classement général qui donne de la visibilité à ceux qui travaillent. Au plan national, ça a un autre impact. Même s’il n’y a rien derrière en termes de récompense, au moins la satisfaction morale d’être bien classé apporte la quiétude à tous ceux qui ont bien travaillé », confie Gaëtan Yangben Mouzong, responsable d’administration et des ressources humaines du Collège Vogt à Yaoundé. 
Même son de cloche pour Sœur Anastasie Bekono, principale du Collège Jean Tabi, qui affiche un taux de réussite de 99,77 %. « Cette année, ils ont décidé de publier les classements par ordre d’enseignements. Ils ont sûrement des raisons. Il importe de souligner que les élèves du Cameroun qui sont présentés aux examens officiels subissent les mêmes épreuves et il n’y a pas question du confessionnel, du public ou du laïc. Ils obtiennent le même diplôme », assure-t-elle. D’après elle, ce changement de méthode devrait permettre aux ordres d’enseignement de connaître leur position en interne, mais pour autant, ne devrait pas exclure le classement national. Toujours dans le même ordre d’idée, Père Pierre Claver Kouassi, préfet des études du collège Libermann de Douala avoue qu’ « il aurait été bon qu’on garde un classement unique ». Mais, « si on veut fixer des objectifs d’évaluation selon la quantité d’élèves, je crois que c’est objectif. On ne peut pas évaluer une école de 300 avec une autre de 4000 élèves. Il faut évaluer par catégorie. Sur ce plan, je peux dire qu’il y a une objectivité. Il faut simplement espérer que les critères retenus pour l’évaluation ne soient pas biaisés », poursuit le Père Kouassi. Même si dans l’ensemble les responsables des établissements confessionnels ont le sentiment que l’excellence scolaire est en train d’être masquée. Et qu’il s’agit là d’une manière de méconnaître la valeur de leurs sacrifices. 
Le proviseur du lycée bilingue de Bépanda, premier dans l’enseignement secondaire public général, Thamar Eboa, a une lecture forcément différente. Le chef d’établissement avoue qu’il s’agit tout simplement d’« un retour normal des choses » et qu’ « il est tout à fait normal que les résultats soient publiés par ordre d’enseignement, afin qu’on puisse faire le distinguo et qu’on voit véritablement comment ces établissements travaillent », conclut Mme Thamar Eboa.
 

Reactions

Comments

    List is empty.

Lead a Comment

Same category