Liste du patrimoine mondial : le dossier Bimbia à chaud

De retour d’une mission d’exploration sur le site, une équipe multidisciplinaire et d’un expert international de l’Unesco ont été reçus par le Minac le 3 mai dernier à Yaoundé.

Une équipe multidisciplinaire de retour d’une mission d’exploration de dix jours sur le site de Bimbia dans le Sud-Ouest a rendu sa copie au ministre des Arts et de la Culture (Minac) le 3 mai dernier. En effet, le Cameroun est en train de préparer le dossier d’inscription de Bimbia et ses sites associés sur la liste du patrimoine mondial. Reçue en audience par le ministre Bidoung Mkpatt, la mission conduite par Charles Akibode, expert international de l’Unesco, est venue présenter son rapport. « L’équipe avait pour mission d’analyser les composantes, caractéristiques et attributs du site, afin de voir si ce dernier a des critères de valeur universelle exceptionnelle. 


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Dans les régions du Littoral, du Nord-Ouest, de l’Ouest et du Sud-Ouest, des sites ont également été identifiés comme ayant joué un rôle majeur dans la traite négrière », a confié Suzanne Pulchérie Nnomo Ela, directeur du patrimoine culturel au Minac par ailleurs chef de ladite mission. Pour réussir cette descente sur le terrain, l’équipe de l’Unesco a accordé un appui technique multiforme. Sur le site, plusieurs constats ont été faits, notamment en termes de vestiges. Bimbia garde encore des ruines matérielles, les bâtisses qui servaient de cases d’esclaves. « Il y a aussi des restes d’usine d’une huilerie, mais nous ne savons pas encore si elle est post ou pré-esclavagiste. Les recherches sur le site vont nous permettre d’avoir une certitude sur cette question », a indiqué le directeur du patrimoine culturel au Minac.


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Pour ce qui est de la préparation du dossier Bimbia, le Cameroun a encore plusieurs étapes à franchir pour parvenir à l’inscription du site sur la liste du patrimoine mondial. Comme l’a rappelé l’expert international de l’Unesco, la première étape déjà franchie consistait à constituer une équipe d’experts. La deuxième rassemble l’ensemble de la documentation qui existe. Car celle-ci est fondamentale afin que ce qui sera écrit et présenté ne puisse pas prêter à confusion.  « Lorsqu’on parle de l’histoire de l’esclavage d’un site comme Bimbia, malheureusement, on nous demande de faire beaucoup plus d’efforts que sur d’autres sites. Il s’agit d’un rapport entre une victime et un accusé. Lorsqu’on parle de commerce atlantique des esclaves, des responsabilités qui ne sont pas uniquement des exclusivités africaines ressortent. L’Europe a tiré grand profit de cette traite négrière », a expliqué Charles Akibode. 


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Dans ce dossier de Bimbia, comme il l’a confié, l’on ne parlera pas exclusivement de la douloureuse traite négrière. Mais de la victoire de l’homme sur son destin. Au-delà, du dossier technique, il faudra donc travailler avec les populations locales, car ce sont elles les premiers gardiens d’un site historique. Pour avoir toutes les chances de son côté, l’expert international de l’Unesco conseille un travail en profondeur. A la suite de ses hôtes, le ministre Bidoung Mkpatt a salué l’œuvre de l’équipe. « Le gouvernement a à cœur l’inscription de ce site sur la liste du patrimoine mondial. Je voudrais vous exprimer notre gratitude », a conclu le Minac.


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