Discours haineux et xénophobie : la lutte à bras-le-corps

A l’initiative de la Commission nationale pour la promotion du bilinguisme et du multiculturalisme, experts, acteurs politiques et de la société civile réfléchissent depuis hier à Yaoundé.

Etape supérieure dans la nouvelle campagne de communication contre le discours de haine et la xénophobie au Cameroun. Un colloque sur ces maux se tient depuis hier à Yaoundé. L’initiative est menée par la Commission nationale pour la promotion du bilinguisme et du multiculturalisme (CNPBM). Elle est placée sous la très haute autorité du président de la République, Paul Biya. Les travaux de ces assises ont été ouverts par le président de la CNPBM, Peter Mafany Musonge. 
Les six thèmes qui meubleront les échanges ont été conçus autour du discours de haine et de la xénophobie. Les experts, représentants des formations politiques, hommes et femmes de médias et autres membres de la société civile plancheront notamment sur les obstacles que représentent ces fléaux dans l’édification de la nation et la cohésion sociale. Les participants à ces assises vont aussi répertorier les causes et les manifestations du vocabulaire discriminant dans les médias. Les discours de haine et le problème anglophone comme défis à une coexistence paisible au Cameroun, ou la codification pénale de l’interdiction de la haine et de la xénophobie, sont d’autres aspects à analyser au cours de ces travaux. Face à la complexité et la dangerosité de ces maux, le colloque ambitionne de proposer une définition largement acceptable des deux phénomènes, d’examiner l’arsenal d’instruments internationaux, régionaux et nationaux qui sont en vigueur pour combattre ces phénomènes. En outre, il sera question d’identifier les tenants du discours de haine et de propos xénophobes, les canaux de propagation et les domaines de prédilection. Ceci dans le but de concevoir des stratégies adaptées, préventives et curatives pour lutter à court, moyen et long termes contre ce fléau. 
Dans son discours d’ouverture, Peter Mafany Musonge a souligné la recrudescence du discours de haine et la xénophobie dans la société camerounaise. « Omniprésents dans le domaine des communications numériques, ces phénomènes se manifestent de diverses manières. Ils mettent à mal l’unité et l’intégration nationale, le vivre-ensemble, la cohésion sociale et la stabilité de la nation », a déploré le président de la CNPBM. Par ailleurs, en plus d’être un obstacle à l’instauration d’une paix durable dans notre pays, ces gangrènes sont également des vecteurs du repli identitaire. Pour Peter Mafany Musonge, « ils contribuent en outre à instrumentaliser et à exacerber nos différences, alors que la beauté et la richesse de notre diversité doivent être le socle d’un Cameroun fort, stable et prospère ». Ce colloque, le deuxième du genre, s’achève ce jeudi. 
 

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