Soudan : un tournant

La nomination de Minni Minnawi au poste de gouverneur de la province du Darfour, dimanche dernier, vise à relancer le processus enclenché par la signature de l’accord de paix du 3 octobre 2020 entre le gouvernement de transition du Soudan et les groupes rebelles.


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 L’ancien chef rebelle Minni Minnawi avait déjà occupé une fonction similaire entre 2006 et 2010. Avant d’assumer cette responsabilité, il avait été l’adjoint d’Abdelwahid Al Nur , le dirigeant de l’Armée de libération du Soudan(ALS), le mouvement armé qui s’oppose au gouvernement du Soudan depuis une trentaine d’années.


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Les populations de la province du Darfour observent que leur destin s’était assombri avec l’arrivée de l’ancien chef de l’Etat Omar El Béchir en 1989. Il avait lancé un mouvement d’arabisation du Darfour accompagné d’une marginalisation de cette province et de ses communautés. Il avait dressé des milices arabes contre les populations qui avaient décidé de résister à travers la Darfour Liberation Army . Laquelle s’était transformée en ALS en 2002. Le 10 février 2003, l’ALS avait lancé des attaques contre les garnisons de Tur et de Gulu. La guerre civile avait alors éclaté. Elle s’était soldée par 300.000 morts.  


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 Malheureusement, le conflit du Darfour perdure. Malgré la chute d’Omar El Béchir en 2019. Mais aussi, malgré une cinquantaine d’accords déjà signés entre le gouvernement du Soudan et les rebelles. Beaucoup pensaient que l’ALS saisirait la main tendue par le gouvernement de transition pour signer l’accord de paix du 3 octobre 2020. Il n’en a rien été.


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Pour autant, l’espoir de paix demeure. Le gouverneur du Darfour a vocation à approcher le leader de l’ALS. Même si celui-ci refuse toujours de négocier. Minni Minnawi est également appelé à organiser une conférence sur le Darfour. Non seulement, les rebelles de cette province continuent de s’opposer au gouvernement soudanais, mais aussi des affrontements ethniques réguliers sèment la terreur parmi les populations. Les derniers datent du mois d’avril. Ils se sont soldés par 130 morts. Le bureau de coordination des affaires humanitaires de l’Organisation des Nations unies (OCHA) relève que depuis le début de l’année, ces violences ont poussé 230.000 personnes à quitter la province du Darfour. De ce point de vue, la nomination de l’ancien chef rebelle au poste de gouverneur du Darfour est importante. Il est outillé pour coopérer avec les autorités de transition et les insurgés afin que la paix revienne dans cette province. 


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