RDC : le Nord-Kivu et l’Ituri au pas militaire

Ces deux provinces de l’Est du pays, en proie à l’insécurité et à l’activité permanente des groupes armés, sont mises dès ce jour en état de siège pendant un mois.

Le Nord-Kivu et l’Ituri sont placés à compter de ce jeudi 6 mai 2021 sous l’administration de l’armée. Ces deux provinces de l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) confrontées aux tueries et violences de toutes sortes passent d’une administration civile à une administration militaire. Pendant un mois, leurs gouverneurs seront remplacés par des officiers militaires supérieurs. Tandis que les tribunaux militaires vont se situer aux tribunaux civils. Certes, les gouverneurs et les autres responsables civils gardent leurs avantages sociaux, mais dès ce jour ils perdent le pouvoir au profit des responsables militaires.


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Lundi dernier au cours d’une allocution télévisée, le président Félix Tshisekedi a dénoncé le climat d’insécurité qui prévaut dans cette partie du pays pour justifier cette décision. « Aucun Congolais digne de ce nom ne devrait rester indifférent. L’Est de la RDC est devenue le point d’implosion des mouvements rebelles et des groupes armés, le point d’entrée des forces négatives étrangères, qui y sèment la désolation », a-t-il tempêté. Un état des lieux dressé par le Baromètre sécuritaire du Kivu (KST), un projet de coopération chargé d’élaborer une cartographie des violences perpétrées dans la région, est plus que catastrophique. Depuis novembre 2019, des attaques attribuées aux Forces démocratiques alliées (ADF), un groupe armé ayant fait allégeance à l’État islamique, ont tué plus d’un millier de civils à Beni, dans le Nord-Kivu. Alors que dans les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, les violences ont fait 4 592 morts depuis 2017.


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Pour mener à bien cette opération, Félix Tshisekedi a fait confiance à deux officiers militaires et anciens chefs rebelles. Dans le Nord-Kivu, le général Luboya Nkashama est chargé de conduire cette mission. Ancien du RCD Goma, un mouvement rebelle qui à, un moment donné, avait fait main basse sur cette province, il devient de fait gouverneur. Il sera assisté par le commissaire divisionnaire Benjamin Alonga Boni, nommé vice-gouverneur. Le général Constant Ndima Kongba, un ancien du Mouvement de libération du Congo de Jean-Pierre Bemba, prend en charge l’Ituri comme gouverneur. A l’époque, il était commandant de la 3e zone de défense, qui couvre les deux Kivu, les provinces du Maniema et de la Tshopo. Il sera secondé dans cette tâche par le commissaire divisionnaire Ekuka Lipopo. Dans le camp de l’opposition, l’on soupçonne plutôt une manœuvre politique du pouvoir visant à museler les citoyens congolais et accueillir massivement des populations étrangères dans la partie Est de la RDC. 


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