Financement des projets artistiques : l’Institut français en soutien

Cinq artistes de danse urbaine, de mode, du théâtre et des arts plastiques et numériques, vont bénéficier d’un montant mensuel de 1000 Euros sur six mois, pour développer leurs idées.

Du courage. Il en a fallu à Hermine Yollo, comédienne, metteur en scène, dramaturge. La directrice actuelle de la Compagnie Ngoti a l’ambition de relancer un des projets-phares de cette structure : la résidence d’écriture dramatique Ngoti. Les premières éditions ont eu lieu en 1997, 1998, 2002 et 2003, puis ce fut le grand vide. « Entre-temps, les cofondateurs de la Compagnie sont décédés, ce qui a été un coup dur pour tout le monde », regrette Hermine Yollo. Cette costaude initiative, s’adressant à la sous-région Afrique centrale et permettant aux participants de s’immerger dans l’activité théâtrale à partir de l’écriture jusqu’à la production de la pièce et sa diffusion, nécessite des financements importants. Bienheureuse est la patronne de Ngoti, qui vient d’être sélectionnée pour faire partie du programme « IFC en création », avec quatre autres jeunes artistes s’illustrant dans les secteurs des arts plastiques et numériques, de la danse urbaine et de la mode. Ces derniers vont recevoir chacun un accompagnement de 1000 Euros mensuel durant six mois, soit un total de 6000 Euros (près de 4 millions de F) dans la réalisation de leurs idées. 


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En plus de Hermine Yollo, les heureux élus sont Moustapha Baidi Oumarou, artiste peintre résidant dans la ville de Maroua qui envisage de créer un grand centre dédié à l’art contemporain dans le chef-lieu de l’Extrême-Nord ; Nathanaël Ejob, bédéiste et fondateur de Zebra Comics à Douala ; BBoy Poxy, danseur, promoteur culturel vivant également à Douala et souhaitant faire passer son festival « Keep on breaking » à un niveau supérieur ; et enfin Gaëlle Edou de Sangmelima, 29 ans, designer et promotrice de la marque Sartoria Gaecy, lauréate 2020 du Forum des métiers de la mode et du design. Le 15 avril dernier à Yaoundé, au cours d’une cérémonie de présentation des lauréats de cette toute première édition de « IFC en création », les responsables de l’Institut français du Cameroun ont tenu à revenir sur les principes de ce partenariat de confiance tissé avec ces artistes locaux. 


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Cette tâche est revenue à Yann Lorvo, directeur de l’IFC, qu’accompagnaient les directeurs délégués des antennes de Yaoundé et Douala, Kristell Dorval et Samuel Pasquier, ainsi que Sarra Mebarki, secrétaire générale de l’IFC. « Ce programme s’inscrit dans la durée. C’est une démarche militante, car nous voulons croire aux sélectionnés en tant qu’artistes et en tant qu’entrepreneurs », a déclaré Yann Lorvo, qui souligne cependant le pari de la réussite de Camerounais au Cameroun, et de la composante artiste/entrepreneur. « Très souvent nous avons des artistes qui désirent que nous les aidions à aller faire des résidences à l’international, mais le pilier de cette initiative c’est qu’elle est ancrée dans toutes les régions du Cameroun », rappelle le directeur de l’IFC. Ces cinq artistes ont désormais les cartes en main et le portefeuille qui suit pour se bâtir une véritable vision d’entrepreneurs. 


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