Lutte contre l’insécurité : les armuriers rappelés à l’ordre

Face à la recrudescence de l’insécurité et un certain laxisme chez les opérateurs du secteur, le Minat, Atanga Nji Paul, a annoncé l’interdiction de la vente d’un certain type d’armes au cours d’une réunion hier à Yaoundé.

L’actualité est parfois dominée ces derniers mois, sur l’ensemble du territoire national par des actes de banditisme avec des malfrats qui opèrent parfois avec des armes acquises illégalement. Face à un phénomène qui menace l’intégrité physique des personnes et de leurs biens, et même pourrait mettre à mal la sécurité de l’Etat, le ministre de l’Administration territoriale, Atanga Nji Paul a réuni hier, dans la salle de conférences de son département ministériel, les responsables des armureries disséminées sur le territoire national. Histoire de faire un rappel à l’ordre, valant par ailleurs mise en garde pour les concernés. 


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Le constat dressé à cet effet par les services du ministère de l’Administration territoriale sur ce secteur d’activités laisse apparaître de nombreux manquements. Ainsi, l’on note la mauvaise tenue des registres, l’absence d’informatisation, la non-transmission régulière des rapports d’activités au Minat, l’absence de qualification du personnel utilisé, la méprise des textes en vigueur en matière de commercialisation des armes et munitions… Au rang des irrégularités spécifiques, il est reproché à ces opérateurs : l’absence de plaques de signalisation des armureries ; la non-conformité des locaux ; la faible collaboration avec les forces de maintien de l’ordre ; la vente des munitions de chasse sur la base des autorisations d’achat de cartouches datant au moins de cinq ans.


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Plus grave, il leur est parfois reproché la vente d’armes et de munitions sans la moindre autorisation, ou sur la base d’autorisations délivrées par des autorités non habilitées. Lorsqu’il ne s’agit pas simplement, pour certains armuriers, de « prêter des armes à des malfrats qui les utilisent pour des opérations et les ramènent dans les dépôts ». Le ministre Atanga Nji a rappelé que d’après les dispositions de la loi du 14 décembre 2016 portant régime général des armes et munitions au Cameroun, « le ministre de l’Administration territoriale est la seule autorité habilitée à délivrer les autorisations d’acquisition et les permis de port d’armes de poing et de chasse, ainsi que leurs munitions ». Des dérogations peuvent être accordées aux gouverneurs et aux préfets, mais elles concernent des armes précises. Le Minat s’est donc fait fort d’annoncer que « au regard du contexte sécuritaire actuel, et compte de l’usage abusif de cette catégorie d’armes par les individus de moralité douteuse, la vente des pistolets automatiques est suspendue sur l’étendue du territoire national à compter de ce jour (6 mai 2021, Ndlr) ». Si des changements ne sont pas observés, Atanga Nji Paul a indiqué qu’il n’était pas exclu que la suspension d’exercice d’activités qui avait frappé le secteur le 4 avril 2018 et levée, sur instructions du président de la République en septembre de la même année, soit de nouveau appliquée. D’où l’appel lancé aux acteurs du secteur pour plus de responsabilités et de collaboration.


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