Coup de semonce

Qu’elle soit destinée à la chasse, à la défense ou à la guerre, une arme est un objet ou un dispositif par essence dangereux. Car elle peut traumatiser, tuer, blesser, frapper, neutraliser, provoquer une atteinte corporelle ou entraîner chez la victime une incapacité. C’est donc pour cette raison que la fabrication, l’introduction sur le territoire national, l’exportation, la cession, l’acquisition, le transit, le transport, la traçabilité, la détention et le port des armes et munitions sont encadrés par la loi au Cameroun. L’enjeu étant d’assurer la sécurité de l’Etat, puis, celle des personnes et de leurs biens.


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Dans un contexte empreint d’insécurité, en particulier le grand banditisme dans nos cités où des malfrats opèrent avec des armes à feu acquises par des moyens frauduleux, que ce soit dans les circuits formels organisés ou au marché noir, l’intégrité physique des citoyens de même que la sécurité de l’Etat sont menacées. Cette situation trouve également son origine dans les manquements observés chez bon nombre d’armuriers. Ces vendeurs d’armes disséminés à travers le territoire, à qui il est reproché, entre autres, la mauvaise tenue des registres, l’absence d’informatisation, la non-transmission régulière des rapports d’activité au ministère de l’Administration territoriale (Minat), la violation des textes régissant la commercialisation des armes et munitions, peuvent représenter une vraie menace. En effet, des informations fiables font état de ce que certains opérateurs du secteur des armes à feu sont des entrepreneurs de l’insécurité. C’est le moins que l’on puisse dire, quand le Minat relève pour le déplorer, la vente, par certains d’entre eux, d’armes et de munitions sans la moindre autorisation présentée par les acheteurs, ou encore sur la base d’autorisations délivrées par des autorités non habilitées. Plus grave, quand des armuriers « prêtent des armes à des malfrats qui les utilisent pour des opérations et les ramènent dans les dépôts », moyennant on l’imagine le versement d’une somme d’argent, la ligne rouge est franchie.


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Il n’en fallait pas plus pour que le patron du Minat, Paul Atanga Nji, frappe du poing sur la table et rappelle à l’ordre les auteurs de ces actes délictueux susceptibles de plonger le pays dans le chaos. La décision qu’il a prise, suspendant sur toute l’entendue du territoire la vente des pistolets traumatiques, à compter du 6 mai 2021, doit être perçue par les armuriers comme un coup de semonce. Car faute d’un retour rapide au respect strict des prescriptions de la loi de 2016 portant régime général des armes et munitions, le Minat se verra obligé de resserrer davantage la vis, en mettant, sans autre forme de procès, un terme aux activités dans ce secteur, comme ce fut déjà le cas le 4 avril 2018. En tout état de cause, la balle est désormais dans le camp des armuriers. Il leur revient d’assainir sans délais leur profession pour éviter une mesure draconienne parce que la sécurité n’a pas de prix.


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