Téléphonie mobile au Cameroun : 20 ans qui ont tout changé

Question : comment faisait-on il y a une vingtaine d’années, si l’on souhaitait parler de toute urgence à un proche à l’autre bout de la ville, dans une autre ville,ou même à l’étranger ? Pourles moins de 20 ans, c’est évidemment une colle. Parce que dans cette tranche d’âge, on imagine mal un monde sans téléphone mobile. Mieux, sans smartphone, la précision est bien nécessaire. Pourtant, les êtres humains n’ont pas toujours passé leur temps, comme aujourd’hui, la tête baissée, concentrée sur l’écran d’un téléphone devenu le compagnon incontournable du citoyen du monde. Il y a eu une vie avant le téléphone portable, une vie plus simple  certains diront plus pénible que cette technologie révolutionnaire a proprement chamboulée, reconfigurée, pour tout dire.

Et si l’on remontait le temps pour se retrouver à la période d’avant... Avant l’avènement du mobile, le téléphone existe déjà certes. Mais il n’a pas cette faculté à accélérer la connexion entre les hommes. Il faut en effet se trouver à proximité d’un poste pour pouvoir bénéficier de cette technologie déjà révolutionnaire en son temps. Et souvent, on se donne rendez-vous autour d’un téléphone pour des communications importantes. Mais déjà, en milieu professionnel , le téléphone fixe apporte indéniablement un coup de fouet en matière de communication à distance. Même s’il reste essentiellement élitiste, avec notamment des coûts qui ne sont pas à la portée du salarié moyen. Le Cameroun fait le grand saut à la veille d’un 21e siècle dont l’évènement aura décidément bouleversé les fondements mêmes de la vie ensociété. De l’expérience pilote de Camtel Mobile avec ses communications facturées pratiquement au même prix que celles du téléphone fixe, au paysage du secteur aujourd’hui, une vingtaine d’années de mutations profondes, au cours des quelles la fameuse révolution numérique,a, mégabit après mégabit, remodelé notre façon d’être, nos relations avec nos semblables. Mais aussi le monde professionnel et l’économie dans son ensemble. Les accros de forfaits d’aujourd’hui savent-ils, par exemple, qu’au moment où ils naissaient, la minute de communication de payait au prix fort ? 300 F, voire plus. Que le SMS qui fait figure d’antiquité aujourd’hui face aux messageries des réseaux sociaux, valait pasmoins de 100 F ?

20 années se sont donc écoulées, qui ont vu la téléphonie mobile devenir rapidement un secteur de l’économie à part entière. Un potentiel prodigieux, porté par les avancées irrésistibles de la technologie,dont la fibre optique. Le téléphone mobile est devenu Le téléphone par excellence, supplantant aisément le fixe, grâce à un atout imparable :la mobilité. Le pionnier Camtel Mobile a été rapidement privatisé et racheté par le Sud-africain MTN, avec déjà en face, un concurrent, la Société camerounaise de Mobile etson label « Mobilis », alors porté par France Telecoms,avant de devenir Orange. Les deux concurrents ont longtemps dicté leurs lois, avant d’être rejoints par Nextell. Lebénéficiaire de la troisième licence de téléphonie mobile est né d’un partenariat camerouno-vietnamien dont les nombreux soubresauts n’ont pas aidé la percée en matièrede parts de marché. Et l’onannonce le retour de l’opérateur historique Camtel, qui depuis 2020, a reçu une licenced’exploitation du mobile.Ce cocktail a globalement permis au Cameroun de suivre la tendance mondiale, avec un taux de pénétration de plus en plus important pour le service de téléphonie mobile. Mais surtout une offre étendue de services qui ne rencontre pratiquement aucune limite : appels, messages, Internet et toute sa galaxie d’applications et de réseaux sociaux, paiements mobiles et autres services financiers...Le téléphone mobile permet aujourd’hui de tout faire ou presque : appareil photo, dictaphone, agenda, outil de mesure des paramètres médicaux, baladeur musical, lecteur et enregistreur video... Bien entendu, cela ne va pas sans effets pervers, notamment cette transformation des rapports sociaux où la chaleur du contact a tendance à disparaître au profit de l’écran et du clavier. Il y a aussi ces nouvelles formes de criminalité qui se sont greffées à l’évolution technologique.

Mais tous comptes faits, et n’en déplaise à la vieille génération, la question est finalement inévitable : comment faisait-on avant ?

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